VIDÉO - Condamnation du cardinal Barbarin : une démission et des questions

Justice
RELIGION - Le cardinal Barbarin a été condamné jeudi 7 mars à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'atteintes sexuelles. Il a aussitôt annoncé qu'il allait remettre sa démission au pape "dans les prochains jours". Mais cette annonce s'accompagne d'interrogations.

Et maintenant ? Au lendemain de la condamnation à six mois de prison avec sursis du cardinal Barbarin, la question de de succession se pose. Si l'évêque a d'ores et déjà annoncé qu'il allait se rendre au Vatican "dans les prochains jours", la décision finale revient  au souverain pontife. Reste à savoir quel sera son calendrier.


Condamné jeudi 7 mars pour ne pas avoir dénoncé les actes pédo-criminels d'un prêtre, Philippe Barbarin a annoncé qu'il allait faire appel du jugement. Néanmoins, celui qui est à la fois archevêque, cardinal et primat des Gaules, a annoncé qu'il allait remettre directement sa demande de démission au pape lors d'un tête-à-tête. Une procédure rare : habituellement, lorsqu'un évêque, pour des raisons d'âge, de santé ou personnelles, demande au Saint-Père d'être relevé de sa charge, il en informe d'abord le nonce et la Congrégation pour les évêques, puis le pape, qui tranche en dernier ressort. 

Sa démission va-t-elle être acceptée ?

Tête-à-tête ou non, il revient dans tous les cas au Saint-Père de décider. Il est entièrement libre, soit d'accepter la démission, soit de dire qu'il a besoin d'un temps de réflexion. Si, à la fin du rendez-vous, François accepte la démission, il peut rendre sa décision publique immédiatement ou à une date ultérieure. "Il est peu probable que le chef de l'Eglise catholique n'accepte pas la demande de démission", a affirmé un vaticaniste d'i.média, l'agence de presse spécialiste du Vatican. Il n'empêche : la décision pourrait être dure à prendre pour le pape. En effet, en mai 2016, François avait pris la défense du cardinal, à qui le Premier ministre de l'époque Manuel Valls avait demandé de "prendre ses responsabilités" après sa mise en cause pour non-dénonciation d'abus sexuels sur des enfants. Le souverain pontife avait alors jugé que sa démission serait "un contresens, une imprudence".


Trois ans plus tard, difficile de croire que le pape pourrait temporiser. L'Eglise essaie en effet de passer la vitesse supérieure concernant la lutte contre les crimes pédophiles: il y a deux semaines, après un sommet historique qui a réuni pendant quatre jours au Vatican les évêques du monde entier sur ce sujet, François a promis "une lutte à tous les niveaux".

Qui pour lui succéder ?

Une fois la démission du cardinal Barbarin, reste à déterminer sa succession. Plusieurs scenarii sont possibles : le pape peut nommer d'emblée un successeur au cardinal Barbarin. Une issue toutefois "peu probable" selon une source proche du dossier, qui note qu'il faut d'abord "trouver un évêque" et "que ce dernier accepte". Autre possibilité, l'élection d'un "administrateur diocésain" par un "collège des consulteurs", composé de prêtres du diocèse de Lyon. 


Ou alors le pape nomme un "administrateur apostolique", imposé en quelque sorte au diocèse par le Vatican. Il est "probable que ce soit cette solution-là" qui soit retenue, estime la même source proche du dossier, qui relève qu'elle est souvent "adoptée quand il y a un problème ou en cas de crise". Dans les deux derniers cas, l'administrateur gère les affaires courantes en attendant qu'un évêque soit nommé par le pape. Le cardinal Barbarin, lui, deviendrait alors "évêque émérite" de Lyon.

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