Vidéo d'un policier frappant un détenu : la garde à vue du fonctionnaire prolongée

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JUSTICE - Une enquête a été ouverte jeudi par le parquet de Paris après la diffusion d'une vidéo montrant un détenu menotté se faire frapper par un fonctionnaire de police dans le nouveau tribunal de Paris. L'IGPN a été saisie. La garde à vue du policier-stagiaire a été prolongée ce vendredi soir, a appris LCI auprès du parquet.

La scène se déroule dans le nouveau tribunal de Paris (17e arrondissement). On y voit un fonctionnaire de police frapper un détenu menotté dans le dos. Une vidéo de plusieurs minutes tirée des caméras de vidéosurveillance et diffusée jeudi matin par le site internet "Là-Bas si j'y suis"


Dans la foulée, le parquet de Paris avait indiqué  à LCI avoir ouvert une enquête pour "faux" et "violences par personne dépositaire de l’autorité publique", confiant les investigations à l'IGPN, la police des polices. Jeudi soir, le fonctionnaire avait été placé en garde à vue. Laquelle a été prolongée ce vendredi soir, a-t-on appris auprès du parquet. 


Selon le site internet, les faits s'étaient déroulés le 9 juin dernier. Le détenu aurait refusé de regagner sa cellule après être allé aux toilettes. Sur les images, on voit les deux hommes se parler puis faire de grands gestes comme si le ton montait. Le policier, qui est alors seul, plaque le détenu au sol et parvient à lui mettre les menottes dans le dos. Après avoir passé un coup de fil, le fonctionnaire traîne violemment l'homme jusque dans la cellule qui tente de se relever. Le policier se met alors à lui donner des coups de pied. D'autres fonctionnaires arrivent en renfort mais le gardien de la paix continue de frapper le détenu au sol et finit par être repoussé par ses collègues. 

IGPN saisie

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a depuis réagi à cette vidéo "présentant un comportement violent et inadmissible d’un gardien de la paix stagiaire dans l’enceinte du Tribunal de Grande Instance de Paris". "Le Ministre d’Etat condamne avec la plus grande fermeté ce comportement inadmissible qui vient nuire à l’image de l’ensemble des forces de sécurité.  Par conséquent, il a immédiatement décidé de la suspension, à titre conservatoire, du fonctionnaire en cause, dans l’attente des conclusions des enquêtes judiciaires et administratives", peut-on lire dans le communiqué. 


Si le site internet "Là-bas si j'y suis" indique que la victime est un migrant, il s'agit en réalité d'un homme qui allait être jugé en comparution immédiate pour vol, explique une source proche du dossier à LCI. Le fonctionnaire était lui en stage. 


Le Parquet de Paris a par ailleurs ouvert une enquête distincte du chef "d'introduction frauduleuse dans un système de traitement automatisé de données", confiée elle aussi à l'IGPN. Selon une source proche du dossier,  elle porte sur le fait d'avoir extrait des images du système de vidéoprotection et de les avoir diffusées. 

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