VIDÉO - "Ça suffit": 300 personnes marchent pour Sylvia, victime de féminicide

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HOMMAGE - Alors que le ministère de la Justice a rendu public dimanche un rapport édifiant sur les féminicides, une marche blanche était organisée dans le Bas-Rhin pour Sylvia Auchter, tuée par son conjoint le 10 novembre. Elle avait porté plainte contre lui un mois plus tôt.

Sur une banderole, ces quelques mots: "Repose en paix, on ne t'oublie pas Sylvia. Justice sera faite". A Oberhoffen-sur-Moder dans le Bas-Rhin, 300 personnes se sont rassemblées dimanche 17 novembre pour une marche blanche, silencieuse et recueillie, en mémoire de Sylvia Auchter, tuée sept jours plus tôt à coups de couteau par son mari. Le cortège, parti vers 10h00 de la mairie, a rejoint une demi-heure plus tard l’immeuble où cette assistante de service hospitalier a perdu la vie. Elle avait 40 ans.

En présence de sa fille Stella, 20 ans, les participants qui portaient pour la plupart un vêtement rose, couleur préférée de la victime, ont déposé de nombreux bouquets de roses et des bougies devant la grille de l'immeuble. La fille de Sylvia Auchter, qui n'a pas souhaité s'exprimer, est restée de longues minutes entourée par ses proches à l'endroit même où sa mère était décédée sous ses yeux après l'avoir appelé à l'aide.

"Cela ne devrait plus se produire"

"Je n'accepte pas ce qu'il s'est passé. Ce n'est pas normal qu'on enlève une vie comme ça", a réagi Jean Satori, venu de Strasbourg avec sa fille et son ex-conjointe, une amie de la victime. Lui se souvient de Sylvia comme d'une "fille joyeuse et agréable". Christine, habitante de Bischwiller, ne connaissait pas la victime mais elle est venue soutenir sa famille. "Cela ne devrait plus se produire en 2019 qu'une femme se fasse assassiner comme ça", a-t-elle déploré, critiquant les gendarmes, pointés du doigt par Stella pour le temps qu’ils ont mis à intervenir. "Je me suis mise à sa place", a dit émue Patricia Schopp, 51 ans, expliquant avoir elle-même déposée plainte à plusieurs reprises contre son mari violent, aujourd'hui décédé.

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Arrêté dès dimanche au domicile du couple, le conjoint de Sylvia Auchter, dont elle avait demandé le divorce, a été mis en examen mardi pour "meurtre sur conjoint" et placé en détention provisoire. Les secours n'avaient pu que constater le décès de sa femme, retrouvée devant la baie vitrée de leur salon, selon le parquet.

Sylvia Auchter avait déposé en octobre une plainte à l'encontre de son mari, âgé de 58 ans et qui devait répondre à une convocation judiciaire en décembre. 

Des failles dans le système

Selon un décompte non officiel réalisé par des associations, 131 féminicides ont déjà été dénombrés en 2019. "Ce n'est pas une fatalité, ça suffit. Maintenant il faut des actes et des moyens. On n'est plus au temps du constat", a réclamé lors de cette marche Barbara Rimlinger, de l'association Osez-le-féminisme. 

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La ministre de la Justice Nicole Belloubet a reconnu vendredi que le système de protection des femmes victimes de violences conjugales "ne fonctionnait pas". Elle a par ailleurs révélé ce dimanche les résultats d’une étude sur les féminicides dans l’Hexagone, et reconnu une réponse insatisfaisante face à ce phénomène. Faute de preuves mais aussi par manque de formation des policiers et des magistrats, une large majorité des plaintes pour violences conjugales sont classées sans suite.

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