"Il répétait : 'Laisse-toi faire, sinon je te tue'" : la première victime violée par David Ramault témoigne

DirectLCI
DRAME - David Ramault, 45 ans, a été mis en examen et écroué pour la séquestration, le viol et le meurtre, d'Angélique, 13 ans. En 1996, il avait déjà été condamné pour le viol d'une enfant du même âge et les agressions sexuelles de trois autres femmes d'une quarantaine d'années. Noémie, la première victime, s'est confiée à La Voix du Nord.

Elle a aujourd’hui 37 ans. A l’époque, elle en avait 13. Comme Angélique Six, tuée la semaine dernière à Wambrechies, elle aussi a croisé la route de David Ramault. Elle est d'ailleurs sa première victime. "Je me souviens de tout, dans les moindres détails, parce qu’il y a pas un jour où je n’y repense pas", confie Noémie* à La Voix du Nord qui  a recueilli son témoignage. 


Lorsqu’elle a entendu dans les médias, le nom de "David R." apparaître dans l’affaire, elle a "tout de suite su" que c’était lui. "J’ai hurlé ! (…) Me dire qu’il avait recommencé était insupportable. Comme me dire que je n’ai pas su la protéger", confie-t-elle au quotidien

Il me répétait : "Laisse-toi faire, sinon je vais te saigner"

Le vendredi 7 janvier 1994, la jeune fille est près de chez elle à La Madeleine, une commune voisine de Wambrechies. "Je rejoignais ma mère chez des voisins près d’un pont qui enjambe le canal de la Deûle. A ce moment-là, un individu est arrivé derrière moi par surprise et m’a mis un couteau sous la gorge", raconte-t-elle. David Ramault, qui a alors 22 ans, la force à la suivre dans un terrain vague. "On est passé devant la rue où étaient ma famille et mes amies mais j’étais incapable de crier". 


La jeune femme n’a pas vu son visage mais se souvient de cet "homme brusque" qui lui répétait "Laisse-toi faire, sinon je te tue. Laisse-toi faire, sinon je vais te saigner". David Ramault, identifié par la suite comme "l’homme au casque" qui a commis trois autres agressions sexuelles sur des femmes d’une quarantaine d’années, sera arrêté deux semaines plus tard. Il avouera le viol de Noémie et sera condamné à neuf ans de prison par la cour d’assises de de Douai. 

Ça aurait pu être moiNoémie

Noémie explique au journal avoir été consultée à deux reprises au sujet de la remise en liberté du violeur mais ne pas avoir été informée de sortie de prison en 2000. "Je ne comprends pas qu’il ait pu refaire sa vie presque au même endroit, dit-elle, j’aurais pu retomber sur lui à n’importe quel moment". 


Aujourd’hui, Noémie n’arrête pas de penser à Angélique, à sa famille et à ce qu'elle a vécu : "Ca aurait pu être moi, souffle-t-elle. Moi, je ne suis morte ce jour-là. Je suis toujours vivante mais je n’ai jamais plus été la même". 


*Prénom d'emprunt 

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter