"On a le droit de dépenser ses économies" : Balkany défend son train de vie au 3e jour de son procès

Justice

PROCÈS - Poursuivi pour fraude fiscale, Patrick Balkany s'est exprimé au troisième jour d'audience sur son train de vie, affirmant que si celui-ci était supérieur à ses revenus, c'est parce qu'il dépensait ses économies, issues d'un héritage.

Au troisième jour de son procès pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et corruption passive mercredi, Patrick Balkany s'est expliqué en dehors de la salle d'audience sur son train de vie. Le maire (LR) de Levallois a notamment affirmé que si son train de vie est supérieur à ses revenus, c'est qu'avec sa femme Isabelle Balkany, il a "dépensé [ses] économies". Cette dernière, absente après sa tentative de suicide, est également poursuivie mais pas pour corruption passive.

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Je ne suis pas très économe- Patrick Balkany

"Jusqu'à présent, on disait : 'Balkany, il dépense plus que ce qu'il gagne', mais on avait juste oublié quelle était la fortune de M. et Mme. Balkany qui était sur leur compte en banque", a expliqué l'édile de Levallois face aux caméras lors d'une suspension d'audience. "Ce n'est pas un délit de dépenser plus qu'on ne gagne. On a le droit de dépenser ses économies", a-t-il ajouté.

"Je ne suis pas très économe, donc on a dépensé, avec ma femme, nos économies", a également lancé Patrick Balkany,  qui avec sa femme avait déclaré pendant plusieurs années moins de revenus que les seuls salaires qu'ils versaient à leurs 

employés. Pendant l'instruction, les enquêteurs avaient disséqué le train de vie du couple, incompatible selon le fisc avec leurs revenus déclarés.

Une fortune héritée du père ?

Le couple Balkany risque 10 ans de prison. Il est accusé de "blanchiment à grande échelle" entre 2007 et 2014, d'avoir dissimulé au fisc des revenus et un patrimoine "occultes" à hauteur "au minimum" de 13 millions d'euros, en particulier deux somptueuses demeures cachées derrière des montages financiers. L'une d'elles, la villa Dar Gyucy de Marrakech, dont le couple nie être propriétaire malgré les peignoirs "PB" retrouvés à l'intérieur, est détenue depuis 2010 par une SCI marocaine propriété d'une société panaméenne au nom de Jean-Pierre Aubry, l'homme de confiance de Patrick Balkany à Levallois, lui aussi prévenu, tout comme l'avocat Arnaud Claude et Alexandre, le fils du couple. 

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VIDÉO - Que reproche-t-on à Patrick et Isabelle Balkany ?

À la barre, ce mercredi, Patrick Balkany a affirmé que cette fortune provient de son père, qui se serait enrichi dans le commerce de caoutchouc. Ce dernier aurait légué à son fils de l'argent en cash ainsi que des lingots d'or, que Patrick Balkany dit n'avoir pas déclaré lors de la mort de son père. Le prévenu a également déclaré que son train de vie élevé était causé par l'entretien du moulin de Giverny, dont le couple dispose de l'usufruit, ou par celui de la villa Pamplemousse, aux Antilles, dont Isabelle Balkany a reconnu l'achat en 2014. 

Concernant les erreurs de déclaration fiscale, qui ont été faites séparément alors qu'Isabelle et Patrick Balkany vivaient ensemble, ce dernier pointe une faute de son conseiller financier, et de l'administration fiscale, qualifiée de "pompe à fric"  qui selon lui aurait dû s'en rendre compte plus tôt et le prévenir. Quant aux accusations de détention de comptes en Suisse, il dit qu'il ne savait pas, car ses administrateurs géraient ses actifs. 

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