VIDÉO - "On a peur que cette affaire soit oubliée" : les familles du scandale du don des corps attendent des réponses

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Justice

TÉMOIGNAGE - Les familles de donneurs ayant porté plainte contre X pour "atteinte à l’intégrité d’un cadavre" étaient rassemblées jeudi devant la faculté de médecine Paris-Descartes. LCI était présent.

Elles attendaient une réponse de l’Université Paris-Descartes. Les 32 familles de donneurs ayant porté plainte contre X pour "atteinte à l’intégrité d’un cadavre" au parquet de Paris étaient rassemblées ce jeudi matin devant la faculté de médecine, brandissant, dans le silence, des pancartes avec la photo de leurs proches décédés. A bout, elles attendent maintenant l’ouverture d’une information judiciaire qui permettrait à un juge d’instruction de mener les investigations et ne comprennent pas la lenteur de la justice, tout comme l'absence de communication de l'Université Paris-Descartes.

"Si on prend la parole aujourd’hui, c’est parce qu’on a peur que cette affaire, très trouble, s’embourbe et soit oubliée rapidement, s’inquiète auprès de LCI Patrick, frère de Jâne, décédée à 89 ans et ayant donné son corps au CDC en 2016. Pour que cela ne s’oublie pas et que les choses aboutissent un jour, il serait souhaitable qu’un juge d’instruction soit nommé le plus vite possible. Ce qui permettrait que la justice suive normalement son cours."

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Au-delà du scandale, Muriel, fille de Jâne et de Victor, mort à 88 ans, ayant également donné son corps à la science en 2017, révèle à LCI que l’action à plus long terme serait de faire évoluer cette pratique, qu’elle soit beaucoup mieux encadrée, que tout le monde puisse avoir le même niveau d’information et qu’il y ait plus de transparence, de traçabilité, pour que les donateurs et les familles sachent à quoi s’en tenir."

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Un "geste" de la part de Descartes envers les familles

Après l’action en fin de matinée, les membres du collectif "Proches des victimes du centre du don des corps à la science" ainsi que leur avocat Maître Douchez ont rencontré pendant une longue heure la nouvelle présidente de l’Université Paris-Descartes, Christine Clerici. Les familles attendent des réponses, aux aguets, surtout en apprenant ce jeudi matin que, selon une source judiciaire, le Centre du don des corps à la science avait fait l’objet d’un cambriolage fin janvier. Elles veulent de concert que Frédéric Dardel (ancien président de l’Université et actuel conseiller de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal) et le Pr Guy Vallancien - qui a dirigé le CDC de 2014 à 2018 - répondent de leurs actes devant la justice.

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A la sortie de la réunion, les représentants du collectif notent une avancée : la fac de médecine qui jusque-là refusait tout dialogue et ne répondait que par mails lapidaires se dit désormais "prête à collaborer dans la mesure du possible". Une manière de suggérer incidemment que tout a changé : l’Université a effectivement fusionné au 1er janvier 2020 avec l'Université Paris-Diderot et l'Institut de physique du globe pour donner naissance à l'Université de Paris. "Je veillerai personnellement à ce que les services d’Université de Paris participent aux enquêtes en cours, administratives et judiciaires, afin que toute la lumière soit faite sur ce dossier", a déclaré Christine Clerici, assurant partager l'indignation des familles.

L’Université sera du côté de la raison et pas de celui de ceux ayant franchi la ligne jaune- L'avocat de l'Université Paris-Descartes

Au moment de débriefer le rendez-vous aux familles dans un café parisien à deux pas de l’Université, les représentants citent cette phrase prononcée par l’avocat de l’Université Descartes : "L’Université sera du côté de la raison et pas de celui de ceux ayant franchi la ligne jaune". Ce qui traduit, selon eux, une volonté de cibler des personnes ayant mal agi par le passé et donc l’accord de l’avocat de Descartes pour l’ouverture d’une procédure. 

Descartes promet par ailleurs d’aider les familles à retrouver les informations sur la traçabilité des proches une fois que les archives seront triées – l’Université ne sachant pas encore ce qui a été dérobé si ce n’est les années. Des demandes qui pourraient se faire via le mail victimes.descartes@gmail.com. Les familles devraient être plus avancées lorsque l’enquête administrative sera rendue "fin mars", donnant accès aux documents en interne. Affaire à suivre. 

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