"Je passe mon temps à regarder derrière moi", la victime de l'agression de la laverie se confie

"Je passe mon temps à regarder derrière moi", la victime de l'agression de la laverie se confie
Justice

AGRESSION - Il y a un peu plus d'un mois, en région parisienne, un homme s'était fait violemment tabasser dans une laverie pour avoir simplement demandé à un autre client de porter un masque. "Je passe mon temps à regarder derrière moi", confie-t-il aujourd'hui, alors que le quartier est toujours sous le choc.

C'est un quartier ordinaire de Soisy-sous-Montmorency, dans le Val d'Oise. En apparence, tout semble calme. Et pourtant, il y a plus d'un mois, une agression d'une rare violence a ébranlé les habitants. Dans une laverie, un père de famille a été passé à tabac par quatre hommes. Deux étaient armés de battes de baseball. Le client, laissé inconscient, avait pour seul tort d'avoir demandé à l'un de ses agresseurs de porter un masque...

Le 20H de TF1 a retrouvé la victime chez son avocate. Augustin Mam garde des séquelles au dos et à la tête. Mais le pire, c'est que deux de ses agresseurs sont toujours en fuite. "Ils sont libres. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent. Aujourd'hui, ils peuvent recommencer. Et ce sentiment m'abîme au plus profond de moi. Je marche, c'est vrai, mais je passe mon temps à regarder derrière moi", confie-t-il.

Pour son avocate, Me Samia Meghouche, c'est un sentiment d'impunité qui prédomine. "La justice ne prend pas en compte les victimes. Ils ne mettent pas tout en oeuvre pour protéger les citoyens", dénonce-t-elle.

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"Les gens ont peur"

Dans le quartier de la laverie, pourtant réputé paisible, cette agression a aussi laissé des traces. Quelque chose semble avoir changé chez les riverains : "On pouvait se promener tranquillement sans se préoccuper de quoi que ce soit, sans avoir peur pour nous ou pour nos enfants. Et depuis, on fait attention. Je fais même attention maintenant aux heures auxquelles je vais sortir de chez moi", confie une jeune femme. 

"Les gens sont plus vigilants. Ce qui est ennuyeux, c'est que quelqu'un se fait agresser et personne ne réagit. C'est ça qui est très perturbant en fait. Mais les gens ont peur", renchérit une autre habitante. 

A quelques mètres de la laverie, Toumi tient un camion à pizza de 18 à 23 heures. C'est un peu la vigie du quartier, et même lui voit du changement, le soir venu. "Je vois par rapport à ma clientèle que les gens ne viennent plus. Ils aimaient bien venir, avoir des contacts directement, mais maintenant ils viennent de moins en moins. Avant, ça ne craignait pas, mais maintenant tout le monde l'a vu, c'est choquant", dit-il.

Dans une résidence voisine, le président du conseil syndical confie, de son côté, que les copropriétaires appellent plus régulièrement, et ne cachent pas leur inquiétude. "Maintenant, les gens regardent qui est devant eux, qui est derrière eux, et font plus attention. C'est un endroit calme, mais on a intérêt de faire attention. Il ne faut pas que la sécurité soit relâchée", souligne-t-il.

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Ce sentiment d'insécurité dont on parle tant est donc désormais ressenti par tout un quartier. Mais au-delà des émotions que cette agression exceptionnelle, mais très  brutale, suscite, il est impossible de s'appuyer sur des données précises. Contactée par TF1, la préfecture refuse en effet de communiquer les chiffres de la délinquance et de la criminalité dans le département.

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