VIDÉO - Prisons : ce qu'il faut retenir des annonces d'Emmanuel Macron

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CHANGEMENT - Près d'un mois et demi après la vaste grève des surveillants, Emmanuel Macron a présenté mardi son "plan des prisons", proposant notamment de renforcer l'effectivité des peines prononcées par la justice, à la fois en favorisant les mesures alternatives aux détentions courtes et en durcissant les conditions d'aménagement des peines plus longues.

Au cours d'une visite ce mardi à l'École nationale d'administration pénitentiaire (Enap) d'Agen, Emmanuel Macron a précisé les contours de son "plan pénitentiaire" annoncé mi-janvier avec la garde des Sceaux Nicole Belloubet. 


Une réforme profonde du système des peines afin de réserver la prison aux cas les plus graves, élargir les peines en milieu ouvert, redonner un sens aux sanctions et réduire la surpopulation carcérale. 


Voici ce qu'il faut retenir en cinq points

Dépoussiérer un système à bout de souffle

Emmanuel Macron s'est montré déterminé à bousculer les us et coutumes de l'univers carcéral français : "Nous devons changer ce système qui ne protège plus suffisamment le citoyen, mine le personnel pénitentiaire et empêche ceux qui voudraient se réinsérer de sortir de la délinquance" a déclaré le chef de l'Etat. 


"En janvier 2001, il y avait en France presque 48.000 détenus, soit 75,6 détenus pour 100.000 habitants, nous avons aujourd'hui près de 70.000 détenus dans notre pays, soit presque 100 détenus pour 100.000 habitants contre 80 en Allemagne".
  

La prison est "devenue un lieu où la violence fermente et se démultiplie" et coûte cher :  "Un jour en détention coûte 100 euros en moyenne quand un placement sous bracelet électronique ne coûte que 11 euros".

La fin de l'incarcération automatique pour les peines inférieures à un an

Les peines de prison de moins d'un mois seront désormais interdites, car "particulièrement inutiles et contre-productives", selon Emmanuel Macron. Il a également annoncé la fin de "l'automaticité" de l'incarcération pour les peines de prison inférieures à un an. Le juge devra dûment motiver sa décision s'il décide malgré tout un emprisonnement. En revanche, les peines de prison de plus de un an seront effectivement et aussitôt exécutées.

Remplacer la prison par des amendes et des sanctions

Plusieurs délits (routiers, usage de drogue) seront forfaitisés : des amendes ou autres sanctions remplaceront la prison. 


Seront aussi créées de nouvelles peines autonomes comme le bracelet électronique à domicile. 


Emmanuel Macron compte aussi développer à grande échelle les travaux d'intérêt général, pour lesquels il veut mobiliser les entreprises, les collectivités et l'État.

1500 postes de réinsertion créés

"La filière insertion et probation bénéficiera de la création de 1500 postes" de ces conseillers chargés de suivre les condamnés après leur sortie de prison, a-t-il ainsi déclaré.

Actuellement le nombre de ces conseillers s'élève à 4.000 pour 250.000 personnes suivies en détention ou en milieu ouvert. 

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Vers la fin des petites peines : y a-t-il beaucoup de détenus dans nos prisons ?

Le nombre de nouvelles places de prison revu à la baisse

Le président ne souhaite pas de "fétichisme sur le nombre de 15.000 places" supplémentaires de prison décidées sous le mandat de François Hollande et sur lesquelles il s'était lui-même engagé.

"Compte tenu des contraintes qui pèsent sur la construction d'établissements pénitentiaires, il apparaît possible de construire 7000 places sur le quinquennat. Il s'agit donc d'adapter notre programmation à cette réalité, en travaillant avec l'administration pénitentiaire pour planifier les constructions".

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