VIDÉO - Procès de la voiture de police incendiée : qu’est devenu le "Kung fu cop" du quai de Valmy ?

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JUSTICE – Les neuf personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur l'attaque contre une voiture de police le 18 mai 2016 à Paris comparaissent à partir de ce mardi et jusqu'à vendredi pour des faits de violence et de dégradations aggravées au tribunal correctionnel de Paris. Côté parties civiles, le syndicat de police Alliance et les deux policiers qui se trouvaient ce jour-là bord de la voiture incendiée. Parmi eux, Kevin P., alias "Kung fu cop".

Ses prouesses en art martial ont fait sensation sur les réseaux sociaux. Très vite, Kevin P., âgé de 29 ans à l'époque, a été rebaptisé "le policier Kung Fu" ou "Kung Fu cop".  Le 18 mai 2016, vers 13h40 cet homme, né en 1987 à Fort-de-France en Martinique et adjoint de sécurité (agent contractuel de la police nationale) à l'époque, se trouvait avec Allison B., elle gardien de la paix, dans une voiture de police, au niveau du 91 quai de Valmy, dans le 10e arrondissement de Paris. 


Un peu plus loin, place de la République, leurs collègues policiers manifestaient à l'appel de certains syndicats pour "dénoncer la haine anti-flics" et "demander plus de fermeté vis-à-vis des casseurs". Ce même jour, le collectif "Urgence notre police assassine" avait de son côté appelé à un contre-rassemblement, presque à la même heure et surtout au même endroit, pour "dénoncer les violences policières". 


Le cortège de cette contre-manifestation s'était finalement dispersé dans les rues du 10e arrondissement, et une partie s'était retrouvée quai de Valmy, devant le véhicule blanc siglé "POLICE".  Coups sur la voiture et en direction du conducteur, vitres cassées, jets de projectile, fumigènes, incendie… L'attaque a duré quelques secondes et a été ultra-violente. Au volant du véhicule, Kevin P., lui, garde son sang-froid. Il parvient finalement, comme la passagère, à sortir de la voiture… avant d'être à nouveau pris pour cible et de réussir, grâce à l'aide d'un manifestant, à s'en tirer. 

"Il y a des flics, venez on va les niquer"

Car ce jour-là, Kevin assure avoir entendu : "Il y a des flics, venez on va les niquer". Dans son rapport, révélé le 26 mai par Le Point, il écrit : "Un manifestant a brisé la vitre à coup de pied, ensuite un engin incendiaire a été jeté à l'arrière. J'ai fait mine de dégainer mon arme." Par ce geste, il affirme qu'il voulait faire fuir ses agresseurs. "Un individu était dissimulé derrière un cameraman", ajoute-t-il. Ce dernier, caméra à la main, lui lance une sorte d'avertissement : "Je te filme, j'ai tout dans la boîte si tu fais une connerie, je peux m'énerver aussi. Vous trouvez normal de sortir votre arme ?".


S'il a sorti son arme, Kevin P. n'en a heureusement pas fait usage. Mais après s'être extirpé de la voiture, l'adjoint est de nouveau attaqué par une personne vêtue de noir et munie d'une barre de fer. "Il m'a asséné plusieurs coups au visage et aux cervicales. Sa barre de fer m'a touché au crâne, puis une personne l'a repoussé, tandis que ma collègue a pu sortir, aidée par un manifestant", dira-t-il. Pour contrer l'assaillant, il réplique avec une parade de Kung fu, désormais légendaire.

De l'attaque à la récompense

Cette scène, qui a été filmée et dont les images sont depuis devenues virales, permettra au jeune homme d'exercer par la suite le métier dont il rêvait. L'adjoint de sécurité d'alors reçoit ainsi les félicitations du ministre de l'Intérieur. Il est décoré le 21 mai 2016 et également promu au rang de gardien de la paix. 

"Finalement, sans cet événement, on ne sait pas s'il aurait pu être policier, indique un fonctionnaire sous couvert d'anonymat. Il a passé le concours de gardien de la paix quatre fois et l'a raté à chaque fois. Avec l'histoire du quai de Valmy, il a été exempté et a intégré directement l'école de police de Sens. Il en est sorti le 20 mars 2017… Mais il n'était pas en tête du classement, loin de là".  Aujourd'hui gardien de la paix stagiaire, Kevin P. sera normalement titularisé en mars 2018. Pour le reste, impossible d'en savoir beaucoup plus.

Au tribunal, face à ses "agresseurs présumés"

L'avocate de Kevin P., Me Michèle Launay, ne fait que peu de commentaires avant le procès qui se tiendra du à partir de ce mardi 19 et jusqu'au vendredi 22 septembre. "Mon client sera là, c'est tout ce que je peux vous dire. Il a eu une dizaine de jours d'ITT après l'attaque du 18 mai. Il a été suivi pendant un long moment par un médecin, il l'est peut-être encore d'ailleurs…. Pendant ce procès, il expliquera au tribunal ce qu'il a subi, il ne va pas en rajouter. Quant à sa situation professionnelle, il travaille sur Paris, je n'en dirai pas plus, il souhaite rester discret".

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