VIDÉO - Voiture de police incendiée à Paris : neuf prévenus jugés et une audience sensible

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PROCÈS – Neuf personnes seront jugées à partir de ce mardi et jusqu'à vendredi au tribunal correctionnel de Paris pour des faits de violences et de dégradations aggravées. Les délits, parmi lesquels l'incendie d'une voiture de police, avaient été commis le 18 mai 2016, quai de Valmy en marge d'une manifestation "pro-police" et d'une autre "anti-flics".

Des plots jetés, des vitres brisées, une barre de fer, un "Kung-fu cop", et une voiture de police qui prend feu… Impossible d'oublier les images de cette attaque survenue le 18 mai 2016, vers 13h40, sur le quai de Valmy dans le 10e arrondissement de Paris. La vidéo montrant cette scène a été vue des milliers de fois depuis son tournage. Seize mois après les faits, huit des neuf protagonistes de l'enquête sur l'attaque contre ce véhicule, attaque au cours de laquelle les deux passagers - deux policiers - ont été blessés, vont devoir s'expliquer devant la justice à partir de ce mardi. Le neuvième prévenu, né en 1989 et  vivant en Suisse, qui aurait lancé la fusée de détresse, fait lui l'objet d'un mandat d'arrêt.


Les deux fonctionnaires qui se trouvaient à bord de la voiture, qui ont été légèrement blessés et qui ont eu plusieurs jours d'ITT mais surtout un "trauma" psychologiques, se sont constitués parties civiles. Tout comme le syndicat de police Alliance, dont plusieurs représentants devraient assister au procès qui se tiendra tous les après-midi jusqu'à vendredi, dans l'enceinte de la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris et dans une ambiance tendue. 

"Forces de l'ordre" versus "antifa"

Car avant même que la voiture ne prenne feu en ce 18 mai, ce mercredi du printemps 2016 était déjà pour le moins "à risques". A midi, ce jour-là, les policiers avaient appelé à un rassemblement "contre la haine anti-flics" après une série d'incidents survenus notamment au cours de manifestation contre la loi Travail notamment. Ce même jour, au même endroit et à une heure d'intervalle, une contre manif était organisée à l'appel du collectif "Urgence notre police assassine", pour dénoncer les violences policières.


Pendant quatre jours, au palais de justice de Paris, les policiers seront de nouveaux face aux manifestants dans un procès qui s'annonce comme étant celui des forces de l'ordre versus antifa. Pour le contexte de l'époque d'abord bien sûr, mais aussi pour les événements qui ont suivi. 

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Le témoin sous X n°142, un policier infiltré

D'abord, un "témoin sous X, n°142, qui a permis d'interpeller les premiers suspects  : Angel (23 ans aujourd'hui) et Antonin Bernanos (29 ans) et Bryan Morio (22 ans). Ces étudiants en géographie, sociologie et histoire/sciences politiques sont décrits comme "membres de la mouvance radicale ultra-gauche" par les enquêteurs. Si les interpellations ont été rapides, la grogne des avocats n'a pas tardé non plus à se manifester, après qu'ils ont appris que ce fameux témoin était un policier infiltré…


Par ailleurs, les enquêteurs ont d'abord reproché à Angel Bernanos d'avoir frappé le policier, avant d'attribuer les faits à un autre prévenu, porteur d'une veste semblable. Ce revirement illustre l'une des difficultés majeures de l'enquête : celle de l'identification de protagonistes, tous vêtus de noir, aux visages dissimulés. La détention pendant dix mois d'Antonin Bernanos a indigné ses professeurs et mobilisé jusqu'à la Ligue des droits de l'Homme.

Des assises au correctionnel

A l'inverse, la "requalification" des faits au cours de l'enquête n'est pas bien passée auprès des policiers. Partie d'un crime passible des assises, la tentative de meurtre sur policiers, la justice débouche en effet sur des délits, certes passibles de peines lourdes, mais jugés en correctionnelle.


Les huit prévenus présents seront jugés pour "participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences ou de dégradations", délit passible d'un an de prison. Cinq sont aussi poursuivis pour des "violences aggravées sur policiers en réunion", punies de jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Certains ont reconnu les faits qui leur sont reprochés. D'autres ont nié toute agression.

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Les soutiens côté police comme antifa seront là. Depuis plusieurs semaines déjà, le collectif "Libérons-les : Collectif militant contre la répression, en lutte pour la libération et l'abandon des poursuites à l'encontre de tous les inculpés du mouvement social" a appelé à venir soutenir les prévenus tout au long du procès. Il appelle en outre à un rassemblement contre la répression à 19 heures ce mardi devant le tribunal.

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