Viol et meurtre d'Elodie Kulik : "Je ne l'ai jamais touchée", assure Willy Bardon

Viol et meurtre d'Elodie Kulik : "Je ne l'ai jamais touchée", assure Willy Bardon
Justice

JUSTICE - La présidente lui demandait pourquoi il avait, à plusieurs reprises au cours de l'enquête et se sachant sur écoute, rageusement insulté les gendarmes, magistrats instructeurs et partie civile au téléphone, utilisant des "insultes à connotation sexuelle".

"Je ne l'ai jamais touchée ! Personne ne me croit, c'est horrible!" Accusé du viol et du meurtre d'Elodie Kulik en 2002, Willy Bardon a clamé lundi son innocence devant les assises de la Somme, disant "avoir la rage" après plusieurs témoignages accablants.

La présidente Martine Brancourt lui demandait pourquoi il avait, à plusieurs reprises au cours de l'enquête et se sachant sur écoute, rageusement insulté les gendarmes, magistrats instructeurs et partie civile au téléphone, utilisant des "insultes à connotation sexuelle". "C'est la colère, une colère énorme que j'ai, car chaque fois que je dis quelque chose, on ne me croit pas (...) c'était pour choquer, pour qu'on m'écoute !", lui a répondu Willy Bardon, disant "ne plus avoir confiance en la justice".

Soutenant le regard des jurés, l'ancien plombier et tenancier de bar a reconnu avoir une "sexualité débordante" et "aimer les femmes, mais jamais jusqu'au viol !". "Je n'ai jamais frappé une femme", ni même "tiré les cheveux".

" Celle-là, je la viole "

Comment Willy Bardon a-t-il aussi pu, dans une autre affaire, sonner chez un homme qui avait "abîmé sa voiture" avec un fusil chargé, avant de "tirer un coup en l'air" en voyant qu'il n'ouvrait pas, se sont encore interrogé les juges, sans obtenir de réponse claire. "On a parfois l'impression d'être devant deux Willy Bardon !", a observé la présidente, rappelant que plusieurs proches le trouvaient "gentil, serviable", quand plusieurs femmes l'avaient décrit à la barre comme un "lourd, dragueur", "vulgaire" et insultant. "Je ne le ressentais pas comme ça (...) je regrette d'avoir eu des mots blessants", s'est défendu l'accusé, crâne rasé et vêtu de noir, assurant avoir "énormément honte".

La Cour est également revenue sur plusieurs auditions de connaissances rencontrées au club de 4x4 que fréquentaient au début des années 2000 Willy Bardon et Grégory Wiart, l'homme dont la participation aux faits a été établie grâce à son empreinte ADN retrouvée sur la scène du crime, mais décédé en 2003. Willy, Grégory, Christophe M. et d'autres jeunes "formaient un clan", "roulaient des mécaniques", buvaient beaucoup, n'avaient "pas peur d'abîmer les voitures", organisaient des "sorties sauvages" et alcoolisées en 4x4 la nuit, et Willy était "leur chef", a assuré l'un d'eux aux enquêteurs. Un autre voyait en Willy Bardon un prédateur sexuel et se souvenait l'avoir entendu dire un jour à propos d'une femme : "Celle-là, je la viole".

Sa voix identifiée sur l'enregistrement d'appel à l'aide

Interrogé seulement à partir de 2012 pour ses liens avec Grégory Wiart, Willy Bardon s'était transformé en suspect lorsque cinq proches avaient identifié sa voix sur l'enregistrement de l'appel aux secours passé par Elodie Kulik le soir des faits.

Dans cet enregistrement, la jeune directrice d'agence bancaire qui vient d'avoir un accident de voiture en pleine nuit (et va être enlevée, violée, étranglée puis partiellement carbonisée) hurle. Et selon l'une des expertises, "dit qu'on l'assassine", a rappelé lundi l'un des enquêteurs intervenu au début de l'information judiciaire. "Sur cette bande, on entend tout et son contraire !" a répliqué Stéphane Daquo, avocat de la défense, rappelant que l'ADN de Bardon n'avait pas été retrouvé sur la scène de crime et que seule sa personnalité l'accablait. "On ne doit pas imaginer, on doit démontrer", a-t-il dit. 

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Le procès se poursuivra mardi avec le témoignage-surprise annoncé en cours d'audience par courriel à la présidente, de l'ancienne compagne de Christophe M. qui aurait "des révélations importantes à faire".

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