Soupçons d'escroquerie : Théo sort libre de sa garde à vue, l'un de ses frères mis en examen

INVESTIGATIONS - Soupçonné d'être impliqué dans une vaste escroquerie aux aides publiques -une affaire antérieure à sa médiatisation après avoir été victime de violences policières-, Théo Luhaka est sorti libre de sa garde à vue mercredi, tandis que l'un de ses frères, Mickaël, a été mis en examen ce jeudi.
L'enquête est bien antérieure aux faits qui ont exposé Théo à la médiatisation. Un signalement avait été effectué en 2015 à l'Inspection du travail concernant une association de médiation, "Aulnay Events", présidée par un frère de Théo Luhaka et basée à Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Une deuxième association, domiciliée dans le XVIIIe arrondissement de Paris, a également fait l'objet d'un signalement, en avril 2017.
Dans le cadre des investigations, le jeune homme ainsi que cinq membres de sa famille avaient été interpellés et placés en garde à vue mardi matin pour un possible détournement de subventions. Mercredi soir, Théo est sorti libre de cette garde à vue, tandis qu'un de ses frères, Mickaël, a été mis en examen ce jeudi et placé sous contrôle judiciaire, indique à l'AFP le parquet de Bobigny.
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L'affaire Théo
Les inspecteurs du travail ont notamment relevé des irrégularités sur l'utilisation de subventions pour l'embauche de contrats aidés. Les enquêteurs s'interrogent sur la réalité de ces emplois et sur des versements à destination des membres de la famille, dont Théo. Les sommes engagées pourraient s'élever à des centaines de milliers d'euros.
Le frère de Théo s'était défendu dans Le Parisien d'avoir employé des salariés fantômes. Il affirme avoir recruté en CDI plus de 30 salariés pour assurer les activités d'"Aulnay Events", dont des membres de sa famille. Cette procédure "n'a aucun lien avec les faits dont j'ai été victime", avait de son côté déclaré Théo à L'Obs en juin 2017, ajoutant : "Pour ce qui concerne mon frère, c'est à lui d'en répondre".
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L'enquête, confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, avait été ouverte mi-2016. Une information judiciaire a ensuite été ouverte début août 2017 contre X pour "escroquerie en bande organisée au préjudice d'un organisme chargé d'une mission de service public, abus de confiance, blanchiment".
Le 2 février 2017, Théo, 22 ans, avait été gravement blessé lors de son interpellation à Aulnay-sous-bois. Le jeune affirme avoir été violé à l'aide d'une matraque. Le président de l'époque, François Hollande, s'était notamment rendu à son chevet. A ce jour, quatre policiers ont été mis en examen, dont l'un pour viol.
Pour Antoine Vey, l'avocat de Théo Luhaka, ce dernier a simplement reçu "des sommes correspondant à son activité dans les associations" de son frère Mickaël et son interpellation relève de l'"opération de communication" pour faire croire "à l'opinion publique que c'est un délinquant".
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