Calais : des policiers qui s'étaient fait passer pour victimes renvoyés en correctionnelle

Calais : des policiers qui s'étaient fait passer pour victimes renvoyés en correctionnelle
Justice

JUSTICE - Trois policiers, qui accusaient un bénévole britannique de violences, sont finalement renvoyés en correctionnelle. Le procès-verbal de l'interpellation n'est pas le "reflet de la réalité", a estimé mercredi le procureur.

Vers une nouvelle affaire de violences policières ? Trois policiers sont renvoyés en correctionnelle, tous pour faux en écriture et un pour violences par personne dépositaire de l'autorité publique. Cette décision de justice fait suite à la plainte d'un bénévole britannique venant en aide aux migrants à Calais, blanchi, lui, des violences dont ces fonctionnaires l'accusaient.

Les faits remontent au 31 juillet 2018, lorsqu'une patrouille de la CRS 40 se rend en contre-bas de la rocade de Calais et fait partir des migrants pour que les services de la ville nettoient sous le pont. Selon le procès-verbal du brigadier, des bénévoles anglais "véhéments" à l'encontre des forces de l'ordre s'en mêlent. Tom Ciotkowski, 31 ans, aurait "repoussé fermement au niveau de la poitrine" le brigadier et l'aurait traité de "bitch-bastard". Pour se défendre, le brigadier l'aurait alors repoussé à son tour.

"Les vidéos discréditent les déclarations"

Selon les PV d'audition des trois policiers, qui racontent l'exact même scénario, Tom Ciotkowski le pousse au niveau du torse, tombe par-dessus la glissière de sécurité et entraîne le chef dans sa chute. Une version démentie par les témoignages du groupe de bénévoles britanniques et leurs vidéos, diffusées à l'audience en juin 2019 : on voit les policiers cherchant à faire partir les bénévoles, un policier lâche un coup de pied. On entend Tom Ciotkowski dire "do not hit women" et prononcer un numéro de matricule. Puis Tom Ciotkowski, qui filme, est bousculé par le brigadier-chef et tombe seul à la renverse par dessus le parapet côté route, au moment où passe un camion. Il est interpellé et placé en garde à vue.

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Le parquet avait demandé quatre mois de prison avec sursis contre lui. Le tribunal l'a relaxé, estimant que "les vidéos discréditent les déclarations" des policiers et que "les constations médicales" - ecchymoses, dermabrasion - chez Tom Ciotkowski "laissent subsister un doute supplémentaire quant au récit des policiers sur la tournure de cette interpellation".

Des faits qui se sont "révélés inexacts"

"Les faits rapportés par les policiers se sont révélés inexacts, ce sont plutôt les policiers" qui ont montré un comportement ne respectant pas "la mission qui était la leur", a expliqué le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Pascal Marconville. Le procès-verbal de l'interpellation, dressé par le brigadier-chef qui avait porté plainte, tout comme les témoignages de ses deux subalternes, n'est pas le "reflet de la réalité".

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Les trois fonctionnaires seront jugés, sans doute début 2021, pour faux en écriture et le brigadier-chef également pour violences. Le parquet a reçu les conclusions de l'IGPN en février et décidé en avril du renvoi. Selon plusieurs responsables associatifs d'aide aux migrants sur le littoral, qui dénoncent régulièrement le "harcèlement" qu'ils subissent, c'est la première fois qu'une des plaintes pour des violences envers des bénévoles aboutit.

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