Violences contre des Gilets jaunes : deux policiers condamnés à des peines de prison avec sursis

Violences contre des Gilets jaunes : deux policiers condamnés à des peines de prison avec sursis
Justice

VIOLENCES - Un policier jugé pour avoir jeté un pavé sur des manifestants lors de la manifestation du 1er mai a été condamné à deux mois de prison avec sursis. Il pourra continuer d'exercer. Un autre policier, qui comparaissait ce jeudi après-midi à Paris pour avoir giflé un participant, également 1er mai 2019, a, lui, écopé de quatre mois de prison avec sursis. Lui aussi pourra continuer à exercer.

Deux policiers à la barre, jeudi 19 décembre, à Paris, accusés de violences envers des manifestants. Le premier, un CRS de 44 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris en début d'après-midi à deux mois de prison avec sursis pour avoir lancé un pavé en direction des Gilets jaunes, le 1er mai 2019. Le second, jugé dans la foulée pour avoir giflé un participant pendant ce même défilé parisien, a, lui, écopé d'une peine de quatre mois de prison avec sursis. 

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Premier policier jugé pour des actes commis en marge des manifestations de Gilets jaunes, le CRS était poursuivi pour "violences volontaires de la part d'une personne dépositaire de l'autorité publique" pour ces actes filmés dans le 13e arrondissement de la capitale. Il pourra toutefois continuer à exercer son métier. A l'issue de son procès le 21 novembre, le parquet de Paris avait requis trois mois de prison avec sursis à son encontre. 

Sur deux vidéos visionnées à l'audience, on voyait ce CRS se saisir d'un pavé au sol, prendre de l'élan et le lancer vers des manifestants, qui se tenaient à "environ huit mètres". Les images ne montrent pas où a atterri le projectile. Des extraits vidéos "ravageurs" pour l'image des forces de l'ordre, avait commenté le président à l'audience, tout en prenant le soin d'évoquer la "foule agressive". De son côté, la défense avait plaidé un "geste de défense" et la relaxe du policier, qui a parlé à l'audience de "scènes de guérilla" tout au long de la manifestation du 1er mai, marquée par de violents heurts à Paris.

Une gifle en procès

Le même jour et dans la même salle d'audience, un deuxième membre des forces de l'ordre était quant à lui jugé pour violences, cette fois pour avoir giflé un Gilet jaune lors du même défilé du 1er mai dans le 14e arrondissement. Il comparaissait pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours" et a donc écopé d'une peine de quatre mois de prison avec sursis, avec dispense de l'inscription de sa condamnation au casier judiciaire, ce qui lui permet, lui aussi, de continuer à exercer sa profession policier. 

Comme pour le premier procès, la scène avait été filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux. On y voyait un policier gifler à deux reprises un manifestant, faisant voler ses lunettes de soleil. L'homme avait lancé au CRS : "Toi aussi, casse-toi !"

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Depuis le début de leur mouvement de contestation sociale il y a un an, les Gilets jaunes dénoncent régulièrement les "violences policières", l'usage des grenades et lanceurs de balles de défense (LBD) et certains ont porté plainte. Selon des chiffres communiqués le 7 novembre par le parquet de Paris, 212 enquêtes ont été confiées à Paris à l'IGPN, la "police des polices". Parmi elles, 54 procédures ont été classées sans suite et 18 autres ont conduit à l'ouverture d'une information judiciaire. 

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