Willy Prevost, sous l'emprise de Coulibaly ? "N'essayez pas de me coller une étiquette de terroriste !"

Willy Prevost, sous l'emprise de Coulibaly ? "N'essayez pas de me coller une étiquette de terroriste !"
Justice

ATTENTATS DE JANVIER - Les interrogatoires sur le fond des accusés ont débuté lundi 5 octobre devant la cour d'assises spéciale. Willy Prevost, qui encourt 20 ans de réclusion criminelle pour participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle, était le premier à répondre aux nombreuses questions. Il s'est défendu de toute connaissance des projets du terroriste.

Grand, costaud, crâne rasé, accent de banlieue, Willy Prevost a été le premier des accusés à répondre à l'interrogatoire sur le fond par la cour, ce lundi. Spontanément, cet homme né en juillet 1986, ne dit rien ou presque mais promet au président: "Tant que vous me poserez des questions, je répondrai au questions". 

Détenu depuis le 20 janvier 2015, Willy Prevost encourt 20 ans de réclusion criminelle pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Il lui est notamment reproché d'avoir fourni un soutien logistique à Amedy Coulibaly, en l'aidant à acquérir un véhicule Renault Mégane utilisé par le terroriste pour se rendre à l'Hyper Cacher et en lui fournissant trois  gilets tactiques, deux couteaux, deux gazeuses lacrymogènes, un taser. L'accusé a aussi fait enlever le traceur GPS de la moto Suzuki utilisée par Amedy Coulibaly pour se rendre à Montrouge, lieu de l'assassinat de la policière municipale Clarissa Jean-Philippe.

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"Coulibaly je le connaissais de la Grande Borne"

WIlly Prevost, qui assure ne pas connaître les frères Kouachi, reconnaît ses achats pour Amedy Coulibaly, sans avoir eu connaissance de tout projet terroriste. "Amedy Coulibaly je le connais depuis tout petit, de la Grande Borne. En détention en 2004, il m'a dit que la détention allait bien se passer, ça m'a rassuré. Quand on est sorti de prison, on s'est revus, on discutait. Puis on a fait des petits trafics de drogue, on avait une bonne relation. A partir de 2008-2009 ça a commencé par se dégrader. Il m'a demandé un service que je ne lui ai pas rendu"

Le service en question ? Aller lui chercher de la drogue. La rétribution pour non service rendu ? "l m'a emmené dans la forêt, il m'a tabassé", se souvient l'accusé, qui ne portera pas plainte. "Je sais très bien comment ça se passe dans les quartiers quand on porte plainte, il y a des menaces et toute la famille doit déménager". Il se rappelle avoir aperçu "quelqu'un d'armé devant sa porte" alors qu'il était avec ses parents. Les deux hommes finiront par se revoir. En 2010, d'abord. Puis en 2014, quand Amedy Coulibaly sort une nouvelle fois de prison, Willy Prevost reprend contact avec lui. 

"Coulibaly ne m'a jamais parlé de Merah, de terrorisme"

A l'entendre, c'est contraint et forcé par Coulibaly que Prevost lui a servi de logisticien. "J'allais dans son sens. Comme ça, je suis sûr qu'il y a rien". Début décembre 2014, le tueur de l'Hyper Cacher lui demande d'aller acheter les couteaux, les gilets tactiques et le reste après les lui avoir montrés sur catalogue. Willy Prevost se rend fin décembre à l'armurerie de Montrouge faire les achats. "Je pensais que le matériel servirait à braquer un go fast: les couteaux pour ouvrir les sacs, les gilets à protéger", dit-il au président. 

"Quand j'ai vu ce qu'il s'était passé à la télé (les 8 et 9 janvier 2015 ndlr), j'étais choqué. Quand j'ai vu que c'était Coulibaly, je me suis dit qu'il y avait une erreur. Coulibaly ne m'a jamais parlé de Merah, de terrorisme. Pour moi, c'était impossible qu'il ait fait ça". La détention entre 2010 et 2014 pour entreprise terroriste ? Willy Prevost assure qu'il pensait que c'était pour une affaire de "braquage ou stupéfiants"."Coulibaly on n'a jamais parlé de religion ensemble. Moi j'ai jamais vu qu'il était radicalisé. Je ne savais pas qu'il était parti faire le pèlerinage à la Mecque. Il ne m'a jamais parlé de Daech", ajoute-t-il. 

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Religieux… ou pas

Depuis le box, l'accusé déclare qu'il n'est, pour sa part, "pas religieux", "pas radicalisé". "C'est pas un crime d'être converti à la religion musulmane. Si j'aurais été converti (sic) je l'aurais dit, y'a rien de grave", commente Willy Prevost. 

Selon lui, la seule erreur qu'il puisse se reprocher est de "ne pas avoir été  voir la police". "Oui j'ai donné des affaires à Coulibaly, mais j'ai rien à voir avec les faits qu'il a commis", répète WiIly Prevost à Me Cechman, avocate de la partie civile qui ne le croit pas. "Essayez pas de me mettre un bonnet qui n'est pas à ma taille. N'essayez pas de me coller une étiquette de terroriste, je n'ai rien à voir avec ça. Les terroristes, c'est les plus gros fils de pute du monde".

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