VIDÉO 360 - A LA DÉCOUVERTE DU SVALBARD (1/4) - Le tourisme arctique, un danger pour la région ?

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REPORTAGE - LCI s'est mêlé aux touristes d'une croisière polaire organisée dans l'archipel du Svalbard, au cœur de l'océan Arctique, pour vous faire découvrir les richesses de cette région mais aussi les interrogations sur son avenir. Nous consacrons ce 1er épisode aux conséquences du développement du tourisme dans ce lieu voisin du pôle nord. Un reportage à découvrir en vidéo 360°.

C'est à Longyearbyen, la ville la plus septentrionale du monde, que l'Ocean Nova a levé l'ancre. Ce navire de 73 mètres de long a accueilli pendant dix jours courant juillet une trentaine de croisiéristes, venus découvrir les paysages qu'offrent les rives du Spitzberg, cette île de l'archipel du Svaldbard, non loin du pôle nord, mais aussi ses animaux. 


"La dernière fois, nous étions allés en Tanzanie voir les éléphants et les girafes. Il nous manquait dans notre collection les ours blancs et les baleines, les bélougas, les rennes…", témoigne Jean-Philippe, un passager qui a effectué le voyage avec sa femme et son fils de 16 ans. Un rêve accompli au fil des jours puisque, accompagnés de leurs guides -pour la plupart des scientifiques,  les explorateurs en herbe perçoivent morses, phoques, macareux, bélougas... et même le fameux ours blanc.

Des mesures pour encadrer une fréquentation touristique en hausse

Depuis quelques années, le tourisme polaire ne cesse de croître dans la région. Les spécialistes s’attendent à ce que la fréquentation soit triplée d’ici 2020. Soit près de 100.000 visiteurs annuels. Si cette affluence permet de protéger les animaux, du braconnage notamment, il a tout de même fallu encadrer la venue de ces visiteurs à la curiosité exacerbée. "Il y a une série de lois édictées par un gouverneur qui a le pouvoir de les mettre en place. C’est déjà le premier filtre, la première grille qui nous est imposée pour que l’on fasse des choses dans le cadre de la loi, dans le respect de l’environnement, des animaux et des recherches qui sont en train de s'effectuer. Malgré tout, nous ne nous sommes pas contentés de ce filtre-là", indique à LCI Christophe Bouchoux, le chef d'expédition embauché par la compagnie Grands Espaces.


Vingt-sept opérateurs de croisières en Arctique se sont en effet regroupés en association, l'AECO (Association of Arctic Expedition Cruise Operators) pour tenter d'instaurer un tourisme durable. Cela va du ramassage de déchets plastique à la collecte de données sur les animaux observés en passant par la mise en place de règles plus strictes. Grands Espaces s'est par exemple engagé à n'exploiter que des bateaux à faible capacité. "Quand nous arrivons, nous n'avons pas le droit de débarquer plus de 100 passagers d’un coup, explique Laurent Balp, guide polaire et médecin d'expéditions. C’est pour cette raison que les gros bateaux, s’ils peuvent s’aventurer dans le secteur, ont souvent des débarquements longs parce que quand on a 300 personnes à bord, il faut faire trois fois 100 personnes." Un processus fastidieux et contraignant qui peut rapidement gâcher le plaisir des sorties à la découverte de la faune et de la flore locale.

Le réchauffement climatique, porte ouverte au tourisme de masse ?

Ces croisières contemplatives se veulent également pédagogiques. Les passagers ont ainsi non seulement l'occasion d'en apprendre un peu plus sur les animaux, les plantes ou encore les phénomènes géologiques qu'ils rencontrent, mais ils sont également confrontés, bon gré mal gré, aux effets du réchauffement climatique dans la région. Pour observer la banquise par exemple, il faut aller de plus en plus au nord et s'y prendre de plus en plus tôt dans l'année. "Il y a vingt ans, les premières croisières autour du Svalbard se déroulaient mi-juillet, souligne Jonathan Zaccaria, guide polaire. Plus tôt, il était impossible de rejoindre le Svalbard puisqu'il était encore entouré par les glaces. Cette année, pour la première fois, j'ai effectué ma première croisière autour du Svalbard à la mi-mai."


Pour réaliser un tel voyage à bord de l'Ocean Nova, les touristes doivent débourser entre 7.000 et 13.500 euros. Un prix conséquent qui ne semble pas freiner les réservations. En tout, une quinzaine de bateaux de ce type circule ainsi actuellement au Spitzberg. Et beaucoup de nouveaux navires sont en construction. De quoi peut-être dégrader l’équilibre de la faune et de la flore. "Il va y avoir de plus en plus de gens qui vont souvent marcher aux mêmes endroits et cela va détruire une partie de la flore. Les animaux vont peut-être être plus apeurés. Et on sait bien que le tourisme n’aide pas au bilan carbone", s’inquiète Laurent Balp.


"Effectivement, on est sur des navires qu’il a fallu construire, et qui n’ont pas forcément été construits pour ça. Ils ont été adaptés. Et puis, nous consommons du carburant pour qu’ils puissent nous faire avancer, pour qu’il puisse nous faire circuler, ajoute Christophe Bouchoux. Toute action a un impact, je n'essaie pas de faire le détour là-dessus. On essaie juste, au maximum, d’apporter des aspects positifs. C'est-à-dire d'avoir le côté éducation. Voir les choses à la télé, c’est une chose, voir les choses en vrai, c'en est une autre. Quand on apprend à aimer quelque chose, quand on apprend à aimer ces régions, ces créatures, je pense qu’on est plus à même de se poser les bonnes questions et d’essayer d’adapter à son niveau les bonnes réponses." 

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