6 polars (ou plus) pour frissonner sur la plage tout l’été

6 polars (ou plus) pour frissonner sur la plage tout l’été

SELECTION - Pour cette dernière de la saison, ce n’est donc pas un mais six livres que nous vous proposons. Du polar bien noir, du polar avec de l’humour, du polar avec du sexe, du polar réaliste, bref, il y en a pour tous les goûts. Faites votre choix. Bonnes vacances. Et bonnes lectures (noires) !

► Dodgers, de Bill Beverly
East a 15 ans, il est noir et travaille pour un gang de dealers de LA, où il dirige une équipe de guetteurs devant une crack-house. Un jour, une jeune fille innocente est tuée juste devant lui, alors que la police débarque. Pour se racheter de cette bévue, il va devoir passer un test : liquider un juge, témoin clé dans une affaire de drogue impliquant son patron, à l’autre bout du pays. Mais ce n’est pas simple de tuer un homme… Véritable road-book et voyage existentiel, Dodgers fait penser à The Wire. Un premier roman digne des plus grands noms du polar réaliste US. Il y a du Richard Price dans Bill Beverly. Un auteur à suivre.
>>  trad. S. Todd, éd. Seuil Policiers, 352 p., 19,50 euros

► Gangsterland, de Tod Goldberg
Sal Cupertine est la crème de la crème des tueurs à gage. Ce qui se fait de mieux dans ce métier particulier. Jusqu’au jour où tout part en vrille, quand il se voit contraint d’éliminer trois agents du FBI. Pas bon pour sa réputation ni pour les affaires de son boss. Il est alors obligé de fuir dans un camion réfrigéré et se retrouve à Las Vegas. Après plusieurs opérations de chirurgie esthétique, le voilà devenu méconnaissable. Une nouvelle identité et un nouveau job… Rabbin dans un temple réformiste. Un roman parfait pour la plage : on rit, on voyage, il y a du suspens. Des personnages hauts en couleur et des dialogues qui vous feront passer un excellent moment. Viva Las Vegas !
>> trad. Zigor, éd. Super 8, 532 p., 20 euros

► Le tueur innocent, de Michael Griesbach
Si vous avez suivi ou entendu parler de la série documentaire Making a murderer, ruez-vous sur ce livre. Pas vraiment un roman, pas vraiment un essai, mais une enquête au plus proche du réel, menée par un vrai procureur. Rappel des faits : Steven Avery a été condamné à tort pour meurtre. Après 18 ans d’incarcération, il est blanchi et sort de prison. Mais il est de nouveau arrêté pour un autre meurtre, les restes carbonisés d’une femme ayant été retrouvés chez lui. Cette fois, son innocence pose question. L’auteur revient sur les faits et s’interroge : si Avery n’avait pas été injustement condamné, la seconde victime serait-elle encore en vie ? Un véritable plaidoyer pour la présomption d’innocence et un regard sans concession sur le système judicaire américain. Glaçant, car vrai… 
>> trad. C. Molotchkine, éd. Bragelonne, 17,90 euros

► Je l’ai appelée chien, de Marli Roode
Quand les liens du sang sont plus forts que tout… C’est sans doute ce que se dit Joe Hartslief quand son père l’appelle au secours. Cette photographe sud-africaine installée à Londres a coupé les ponts avec son paternel. Il faut dire aussi que c’est un vieux raciste réac et nostalgique de l’apartheid… Joe revient dans son pays pour couvrir des émeutes dans un township quand elle reçoit ce coup de fil. Elle finit par accepter d’aider son père et va se retrouver embarquée dans une véritable équipée dans le bush. Et elle va devoir l’affronter, ce père… Un personnage magnifiquement bien campé, un contexte dont on sent que l’auteure connaît parfaitement tous les rouages, un style nerveux qui transporte le lecteur là-bas. Bref, un magnifique premier roman. Marli Roode, la nouvelle voix du polar au pays de Mandela.
>> trad. F. Duvigneau, éd. Rivages, 384 p., 21 euros

► Money Shot, de Christa Faust
Voici Gina Moretti. Ou plutôt Angel Dare, son nom de scène. Si vous la connaissez, c’est que vous êtes amateur de porno. Car Gina/Angel exerçait la profession d’actrice de films X. Elle a démarré à 20 ans en faisant croire aux producteurs qu’elle en avait 18. Après moults films, elle a eu la bonne idée, contrairement à ses collègues, de raccrocher. Le problème, c’est qu’une fois qu’on a goûté à la célébrité, on ne peut plus s’en passer et quelque temps plus tard, elle a la mauvaise idée de vouloir revenir dans ce monde. Un come-back qui va évidemment mal se passer, jusqu’à la coincer dans un coffre de voiture… Christa Faust, l’auteure de cet excellent roman, ose tout. Dans un style vif, énergique, qui ne laisse aucun répit, elle nous fait découvrir un univers interlope et mystérieux de manière trépidante. Incontournable lecture par temps de grosses chaleurs…
>> trad. C. Cuq, éd. Gallmeister, 320 p., 18,20 euros

► Un prisonnier modèle, de Paul Cleave
Attention, le Boucher de Christchurch est de retour. Souvenez-vous, Joe Middleton était le héros du très réussi Un employé modèle. Ce tueur en série finit par se faire prendre à la fin du roman (désolé pour le spoil…) On le retrouve ici en prison, où il attend son procès, pour divers meurtres tous plus horribles les uns que les autres. Et ils sont nombreux ceux qui souhaitent le voir pourrir derrière les barreaux ou, plus simplement et radicalement, mourir avant même d’être jugé puisqu’il est coupable. Son ancien complice veut le tuer, le père d’une victime veut lui faire payer la perte de sa fille et le flic qui l’a arrêté veut se venger. C’est féroce, parfois drôle, d’autres fois violent, plein de rebondissements, c’est du Paul Cleave dans le texte, en pleine forme. Âmes sensibles s’abstenir. Ou pas.
>> trad. F. Pointeau, Ed. Sonatine, 576 p., 21 euros

► Et aussi...
Difficile de faire des choix. Pour rallonger un peu cette liste, voici quatre autres titres qui valent le détour, vraiment. Et si vous hésitez, prenez-les tous, après tout, ce sont les vacances… Collector (Actes Sud), de Olivier Bonnard, pour une plongée dans les années 80 et de mystérieux chasseurs de jouets. Fidèle au poste (Michel Lafon), un thriller impitoyable d’Amélie Antoine, Ce que tu veux (Préludes éditions), de Sabine Durrant, pour jouer à se faire peur, et Jour de chance (Bragelonne), de Joseph Finder, pour être tenu en haleine jusqu’à la dernière page.

A LIRE AUSSI >> La femme est-elle l'avenir du roman noir ?
 

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