Alain Finkielkraut : élection sous haute tension à l'Académie française

Alain Finkielkraut : élection sous haute tension à l'Académie française

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IMMORTEL - Le philosophe a présenté le mois dernier sa candidature pour remplacer Félicien Marceau, disparu il y a deux ans. Le vote doit intervenir ce jeudi, sur fond de polémique.

C'est un spécialiste du dérapage contrôlé. Jamais avare en déclarations fracassantes sur le football, la théorie du genre ou Internet, le philosophe Alain Finkielkraut s'est porté candidat, le mois dernier, à l’Académie française au fauteuil de Félicien Marceau, disparu en mars 2012. Un vote avait déjà eu lieu le 14 novembre 2013 mais aucun des candidats, parmi lesquels l’écrivain et éditeur Claude Durand et le romancier Didier Van Cauwelaert, n’avait été élu et l’élection avait été déclarée blanche. L'écrivain haïtien Dany Laferrière est le dernier à avoir été nommé au sein de l'Académie, en décembre dernier.

Souvent invité par Frédéric Taddei dans l'émission "Ce soir ou jamais", ce normalien et professeur de philosophie s’est fait connaître du grand public en 1977 avec Le Nouveau Désordre amoureux, écrit avec Pascal Bruckner, livre qui s’attaquait au mythe de la révolution sexuelle, puis toujours avec lui, avec Au coin de la rue l’aventure en 1979.

"Cabale politique"

On retrouve chez ce philosophe de 64 ans l’influence de Hannah Arendt, Emmanuel Lévinas, Charles Péguy ou Milan Kundera. Auteur de plusieurs ouvrages sur la fin de la culture, la littérature, l’amour, la modernité, l’éducation ou la religion, il a été l’un des intellectuels à prôner une intervention occidentale en ex-Yougoslavie. Son dernier livre, L’identité malheureuse, paru en 2013, où il aborde les questions de l’identité nationale et de l’immigration, a suscité des polémiques. L'écrivain avait notamment féraillé avec un certain Manuel Valls sur le plateau de France 2, dans l'émission Des Paroles et des Actes.

L'Académie, notamment à travers les voix de Jean d'Ormesson et Marc Fumaroli, sollicitait l'écrivain depuis un certain temps et l'hypothèse Alain Finkielkraut en séduit plus d'un (Pierre Nora, Max Gallo ou Hélène Carrère d’Encausse). Mais pas tout le monde. Sous couvert d'anonymat, plusieurs "Immortels" mènent la fronde contre un intellectuel jugé trop clivant, voire trop droitier. "C'est le FN qui entre à l'Académie", s'indigne carrément un académicien. Quand d'autres brandissent le règlement intérieur.

Pour s'être ouvertement prononcé en faveur de l'entrée Alain Finkielkraut sous la Coupole - ''S'il n’est pas élu jeudi, je ne mettrai plus les pieds à l’Académie, a-t-il déclaré au Figaro'', le vénérable Jean d'Ormesson a effectivement été accusé de violer les statuts de l'institution séculaire, qui empêchent tout membre de faire connaître ses préférences. Autant d'arguments qui relèvent de la "cabale politique" pour les partisans de "Finkie", mais qui laissent augurer d'un vote houleux ce jeudi à l'Académie française.

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