Anne Pingeot, compagne cachée de Mitterrand, raconte comment elle a "accepté l'inacceptable"

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CONFIDENCES - Pour la première fois Anne Pingeot s’explique sur la publication de plus de 1200 lettres d’amour échangées avec François Mitterrand entre 1962 et 1995, année de la mort de l’ancien Président.

Elle sort de son habituelle discrétion. Anne Pingeot revient pour la première fois sur la publication de ses lettres intimes échangées avec François Mitterrand entre 1962 et 1995 dans le recueil Lettres à Anne, aux éditions Gallimard. La compagne clandestine de l’ancien Président de la République a accordé une série d’entretiens à l’historien Jean-Noël Jeannenay, qui seront diffusés cette semaine à partir de ce matin sur le site de France Culture et ce soir sur la radio. 

"Je ne sais pas si j'ai bien fait", a notamment confié Anne Pingeot à propos de la diffusion de ces lettres d’amour. Elle a finalement été convaincue par Jean-Noël Jeannenay lui-même pour qui cette correspondance intime permet "une meilleure compréhension d'un des personnages majeurs de notre histoire nationale au XXe siècle". Anne Pingeot tenait également à dévoiler cette correspondance de son vivant.  "J’ai 73 ans, je mets en ordre", a-t-elle expliqué avec "la crainte que ça ne soit pas fait correctement" si ce n'était pas elle qui le faisait.

Le poids des traditions bourgeoises

Anne Pingeot a rencontré pour la première fois François Mitterand dans les années 1950. L’homme politique qui était déjà marié et père de famille avait alors 41 ans et elle seulement 14 ans. Leur passion s'est ensuite concrétisée en 1962 pour durer jusqu’à la mort de l’ancien chef d’Etat. 

Au cours de ces interviews, Anne Pingeot a rappelé le poids des traditions dans les familles de la grande bourgeoisie de l'époque. "C’était la province, très réactionnaire, de droite, pas évoluée et j’ai eu une formation dans ce sens (…) Que n’ai-je entendu, par exemple, sur la vision de la femme... la femme est quelqu’un qui doit être soumis, qui ne doit avoir aucune vie intellectuelle (…) Ce côté de soumission a fait que j’ai accepté au fond l’inacceptable", a déclaré celle qui est restée la compagne clandestine d’un homme pendant 33 ans et qui n’est apparue en public que le jour des obsèques de François Mitterrand, en janvier 1996. 

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Les lettres d’amour de François Mitterand à Anne Pingeot publiées

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