Partez à la chasse à l’homme dans la taïga sibérienne avec le nouveau roman d’Andreï Makine

LIVRES

RENTREE LITTERAIRE – "L’archipel d’une autre vie" (Seuil), le nouveau roman d’Andreï Makine, est un sublime roman d’aventure, de folie guerrière et d’espoir dans la taïga sibérienne des années 50.

La Russie d’aujourd’hui évoque des images sinistres. Poutine, athlètes dopés et journalistes assassinés masquent la grandeur d’un peuple écrasé par le rouleau compresseur de l’Histoire, mais qui s’est toujours relevé. Heureusement, les écrivains ne manquent pas pour chanter l’autre Russie, patrie des extrêmes, émotionnels et climatiques, celle de Tolstoï, de Grossman et de Soljenitsyne.  

Andreï Makine, lui, est né et a grandi en Sibérie, mais c’est en écrivain français qu’il signe sa propre lettre d’amour à sa terre natale. Arrivé en France en 1987, consacré avec Le Testament français (prix Goncourt, Goncourt des Lycéens et Médicis en 1995), l’auteur rejoindra d'ailleurs les bancs de l’Académie française en décembre.  

Ce n’est donc pas un jeune premier qui publie ces jours-ci L’archipel d’une autre vie (éditions du Seuil), mais c’est tout comme, tant son roman balaie des bourrasques fraîches au visage du lecteur compressé dans un métro surchauffé. 

Au bout de l’extrême-orient sibérien, près du Pacifique, un adolescent suit un inconnu dans une forêt boréale. Celui-ci s’en aperçoit, et au lieu de l’abattre, il lui raconte son histoire autour d’un feu. En 1952, en pleine guerre froide, Pavel Garstev avait été envoyé pourchasser un évadé du goulag, avec quatre autres soldats.

Une histoire vraie, racontée quarante ans après

Pendant cette chasse à l’homme dans une taïga de fin d'été, les ambitions meurtrières, les lâchetés et les espoirs de ces hommes font vite surface. Un retournement de situation amplifiera ces petits drames, et l’on frissonne jusqu’au bout avec Gartsev, le narrateur, jusqu’à cet archipel des Chantars, où une autre existence, rude mais libre, est possible. 

L’histoire est vraie : l’adolescent des premières pages, c’est Makine lui-même. Un Makine devenu grand, et magistral, pour dépeindre aussi bien les paysages âpres que les mesquineries des hommes. L'archipel d'une autre vie est un pourvoyeur d’images inoubliables, d’un humanisme salutaire, et qui consolide notre fascination pour un certain empire disparu. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter