Avec "La Serpente" d'Olivia Koudrine, vous allez adorer être mené en bateau

Avec "La Serpente" d'Olivia Koudrine, vous allez adorer être mené en bateau

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NOIR, C’EST NOIR – Le crime vous passionne ? Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez, notre expert du roman policier. Aujourd'hui : "La Serpente" (Éditions du Cherche-Midi), de Olivia Koudrine.

Lire du noir pour comprendre le monde. C’est un peu ce que tente de montrer cette chronique, semaine après semaine, en proposant des romans qui ne sont pas de simples divertissements, mais qui possèdent un solide contexte, une thématique actuelle et qui, tout simplement, parlent de nous. J’aurais pu aujourd’hui vous parler de Dawa ou Le Français, deux romans noirs et presque prémonitoires de Julien Suaudeau. Le premier, paru en 2014, évoque des attentats multiples dans Paris un vendredi 13…

Le second raconte le parcours d’un jeune normand embrigadé qui devient un soldat de Daessh. Mais non. Pas envie. Il faut continuer, rester debout, lire, encore et encore. Prendre du plaisir. Et vous en prendrez, croyez-moi, en vous plongeant dans La Serpente (éditions du Cherche-Midi) d’Olivia Koudrine. Vous voyagerez, de Paris à Hong Kong, en passant par Londres et Shanghai. Et vous découvrirez une histoire qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière page.

► C’est qui ?
Olivia Koudrine, née dans le nord de la France il y a quelques années (on ne dévoile pas l’âge des femmes il paraît), a déjà eu plusieurs vies. Aujourd’hui auteure et peintre, elle a, avant de coucher des mots sur le papier et des couleurs sur des toiles, été danseuse au Crazy Horse durant quatre ans (nous vous en avions parlé il y a un peu plus d’un an lors de la parution de son premier polar, Barby Blue). Elle se faisait appeler alors, dans les années 80, Cheetah Magnetic. Quand elle peint, c’est Kdom qu’il faut dire. Plusieurs identités donc pour plusieurs activités et une forte personnalité. La Serpente est son second roman noir, mais Olivia Koudrine a aussi écrit deux pièces de théâtre (Prélude en 2007 et Le Garrot du silence en 2009) et Le Grand Livre des mamans (2008).

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► Ça parle de quoi ?
Chloé Mondici a changé son nom de famille il y dix-sept ans. Alors qu’elle était adolescente, son père, un certain Julien Sorel (comme le héros de Stendhal), chirurgien esthétique de renom, a été accusé d’avoir assassiné une jeune fille. Un meurtre retentissant qui a fait la une des journaux. Une affaire d’autant plus spectaculaire que le principal suspect, qui a toujours nié les faits, s’est suicidé avant son procès. Pour l’opinion publique, pas de doute, il est coupable. Pour Chloé, ne plus s’appeler comme lui était une manière de tourner la page. Pas facile d’être la fille d’un criminel. Mais quand sa mère décède, Chloé retrouve chez elle un carton bourré d’archives. Persuadée de l’innocence de son mari, sa veuve n’a eu de cesse de tenter de démontrer son innocence. Elle y a laissé tout son argent. Et voilà que Chloé décide de reprendre l’enquête, de la terminer, comme un hommage à sa mère. Le début d’un long périple, qui va la mener à l’autre bout du monde, jusqu’à Hong Kong. Ou quand un simple meurtre vous plonge dans les arcanes de la finance internationale.

► Pourquoi on aime ?
Plus qu’un simple thriller, La Serpente est un roman noir intelligent, qui aborde des thèmes profonds, telle que l’identité, la perversité de l’être humain, qui montre aussi (de manière assez critique) l’envers du décor d’un monde objet de bien des fantasmes, celui des traders et de la bourse. Les personnages d’Olivia Koudrine sont bien campés, Chloé n’est pas une super héroïne mais une femme que l’on pourrait connaître ou croiser, les dialogues ciselés et le décor, ce monde de la finance impitoyable, si bien décrit qu’on se demande si dans une autre vie, l’auteure n’a pas été elle-même tradeuse. Et il y a l’intrigue. Presque classique au premier abord (une erreur judiciaire ?), mais qui se complexifie au fil des pages. Olivia Koudrine nous mène en bateau, manie l’art du rebondissement avec brio, jusqu’au dénouement, implacable. Quant au titre du roman et au chat présent sur la couverture, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans ce polar magnétique pour comprendre le pourquoi du comment…

>> La Serpente, de Olivia Koudrine. Éditions du Cherche-Midi, coll. Thrillers, 352 p., 18, 50 € 

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