Avec "Les Infâmes", Jax Miller va vous mettre K.O.

Avec "Les Infâmes", Jax Miller va vous mettre K.O.

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COUP DE COEUR - Polar, thriller, roman noir... Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez. Aujourd'hui : "Les Infâmes", de l'Américaine Jax Miller.

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir, comme dit la chanson. Un refrain qui sied parfaitement à Jax Miller. Cette auteure débarque dans le monde du polar avec un premier roman coup de poing, Les Infâmes (éditions Ombres noires). Un texte d’une noirceur absolue donc, et qui nous dépeint l’envers du rêve américain, qui nous parle de ce qu’on ne nous montre jamais, cette Amérique où racisme, drogue, armes, alcool sont le quotidien des laissés pour compte de la société. Mais ce livre est aussi (et surtout ?), un véritable cri, une ode à la liberté.

C’est qui ?
Jax Miller, ce nom ne vous dira sans doute rien et c’est normal puisqu’il s’agit là de son premier roman. Née à New York il y a une trentaine d’années, elle vit aujourd’hui en Irlande, à Dublin plus précisément. La rousse tatouée explique, sur le site de son éditeur français, qu’elle a "commencé à écrire il y a quatre ans. Je traversais une période difficile et j’ai découvert que cela pouvait m’être bénéfique." Ecrire lui a donc fait du bien et c’est tant mieux pour nous, lecteurs. Les Infâmes a déjà été traduit dans plus de dix langues.

Ça parle de quoi ?
Les Infâmes, c’est l’histoire d’une femme, Freedom Oliver. Drôle de nom, Freedom, pour quelqu’un qui, on l’apprend vite, est témoin protégée du FBI. Cela fait dix-huit ans qu’elle se cache dans une petite ville glauque de l’Oregon, travaillant comme serveuse dans un bar pourri où se croisent prostituées et bikers drogués. Son passé la hante et il y a de quoi : mort brutale de son mari, enfants abandonnés pour échapper à la vengeance de sa belle-famille… Quand Freedom apprend la disparition de sa fille, elle décide de partir à sa recherche. Ce qui signifie sortir de l’anonymat et laisser celui qui veut se venger le loisir de la retrouver.

Pourquoi on aime ?
Jax Miller frappe fort, très fort. Et elle fait mal. "Je m’appelle Freedom Oliver et j’ai tué ma fille". Ainsi démarre son roman. Une première phrase percutante et tout le reste est dans la même veine. Un rythme soutenu, un langage inventif, des dialogues bien sentis. Et surtout, surtout, un personnage féminin comme on en a rarement vu ces derniers temps dans la littérature noire. Alcoolique, suicidaire, Freedom, malgré son nom, est enfermée dans ce bar et dans sa vie. Même si elle a été obligée d’abandonner ses enfants, même si elle a commis des actes plus que répréhensibles, elle reste une mère qui, quand l’une de ses progénitures est en danger, va prendre tous les risques. Un polar coup de poing qui laisse K-O ses lecteurs.

>> Les Infâmes de Jax Miller, éd. Ombres noires, 351 p., 21 €

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