Bernard Werber : "Un écrivain ne peut pas rester dans sa tour d'ivoire"

Bernard Werber : "Un écrivain ne peut pas rester dans sa tour d'ivoire"

PASSIONNE - Rédacteur en chef invité de metronews, l'écrivain Bernard Werber livre sa vision de l'actualité, à l'occasion de la sortie de "La Voix de la Terre", le dernier tome de sa trilogie "Troisième Humanité" (Albin Michel).

Sur la menace de l'Etat islamique
"Nous vivons actuellement un choc de civilisations et de valeurs. A mon sens, il y a trois camps. D'abord les capitalistes sauvages, en quête de toujours plus d'argent, de rentabilité. Il a pour leader la Chine, la première puissance financière, suivie des Etats-Unis et de l'ensemble du monde arabe et pétrolier. Le deuxième camp, ce sont les barbares. Pour eux, le système capitaliste est affreux, et à la place ils nous proposent un système ancien dans lequel on arrête la technologie, la musique, etc. Et puis il y a les démocrates laïques. Leur souci, c'est de créer un mieux vivre ensemble planétaire. Hélas c'est un groupe actuellement minoritaire, faible... et divisé, qui passe l'essentiel de son énergie à trouver la bonne ligne à défendre."

Sur les manifestations à Hong Kong...
"Ce qu'on voit en ce moment, ce n'est pas Tian An Men, mais une envie des Hong-Kongais de ne pas être assimilés à la Chine, de garder un statut différent. Hong Kong a été la première ville chinoise moderne, tournée vers le monde capitaliste, et je comprends qu'elle n'ait pas envie d'être diluée dans le reste. Je pense que ça va se terminer par un compromis à la chinoise. Le temps joue en la faveur de Pékin. La Chine est une telle puissance financière, économique, démographique... c'est là-bas que va se passer l'avenir du monde."

Sur les voyages dans les pays dits "à risques"...
"Ça ne me dérange pas de voyager dans les pays un peu "chauds". Nous écrivains devons promouvoir le livre comme moyen de donner aux gens envie de s'émanciper. Lorsque les gens lisent, ils réfléchissent et ils deviennent autonomes. Sinon ils sont juste influencés par la télé et les gens qui parlent fort... Ils sont plus facilement manipulables. L'écrivain ne peut pas rester dans sa tour d'ivoire, il doit parler de ce qu'il a vu."

Sur la politique française...
"Nous faisons partie de l'Europe et nous ne pouvons aller à contresens. Les épiphénomènes comme l'élection du président du Sénat, ça ne change pas grand chose du moment qu'on garde le cap. Le grand bateau France doit avancer vers quelque chose qui s'appelle la social-démocratie. Après qu'elle soit plus sociale, ou plus démocrate, c'est au capitaine d'en décider."

Sur le télétravail pour tous...
"Je rêve d'un éclatement des villes. Si on ne le fait pas, on va avoir des transports de plus en plus saturés, une pollution encore plus importante... Et on va perdre du bien vivre. Il faut qu'on dise aux gens : installez-vous à la campagne, on va vous mettre la fibre optique, vous serez en vidéo-conférence avec l'équivalent d'un open space. Qu'on soit tous ensemble dans une pièce, c'est bien. Mais je serais peut-être plus détendu avec une forêt derrière moi !"

Sur les transports écolos...
"Les rues piétonnières et le Vélib, tout le monde disait que c'était impossible il y a 20 ans... et on l'a fait. A Pékin, les scooters et les motos sont interdits s'ils ne sont pas électriques. Ça fait donc moins de bruit, c'est moins polluant. Je pense que ce serait une belle proposition pour la mairie de Paris."

Sur Netflix...
"Je ne suis pas encore abonné mais je suis un client potentiel. Je regarde beaucoup de séries, à vrai dire un épisode par jour, de 18h à 19h. En ce moment je suis sur Masters of Sex, saison 2. C'est d'une intelligence et d'une audace... Aux Etats-Unis, les séries sont désormais plus importantes que le cinéma au niveau économique. A Los Angeles, plus on voit de séries, plus on est branché. Ça tombe bien, j'en regarde plein ! (rires)."

Sur le télécrochet Rising Star...
"J'aime l'interactivité, le fait que le téléspectateur se retrouve sur l'écran au cours de l'émission. Je suis passionné par les communautés virtuelles et ça me rappelle les débuts d'un jeu comme World of Warcraft. Bien plus qu'un divertissement, c'est un véritable art de vivre. De la même manière je rêve qu'on nous propose des séries dans lesquelles on puisse se retrouver en immersion totale."

Sur le foot...
"J'ai assisté une seule fois à un match du PSG, au Parc des Princes. C'était très... intéressant. Le football répond à une attente du peuple. Je me souviens de ce film, Rollerball, où le stade vibrait avec les gladiateurs. Pour cela, il faut qu'on connaisse leur vie privée, qu'il y ait des trahisons, des "personnages". Même si je trouve ça bizarre qu'on dépense autant d'argent pour payer les gladiateurs."
 

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