"Concerto pour quatre mains" : de l'art du braquage à la belge

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COUP DE COEUR - Polar, thriller, roman noir... Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez. Aujourd'hui : "Concerto pour quatre mains" (Fleuve noir), du Belge Paul Colize.

Oubliez les Spaggiari, la Dream Team et tous les autres braqueurs qui ont sévi en France au cours des dernières décennies. Voici Franck Jammet, ennemi public numéro un en Belgique, passé maître dans l’art d’ouvrir les tirelires, entendez par là dans l’attaque de fourgons blindés ou autres convois transportant de l’argent, beaucoup d’argent, ou des diamants. Oubliez aussi les grands avocats pénalistes d’ici pour faire la connaissance de maître Jean Villemont. Dans Concerto pour quatre mains (Fleuve noir), Paul Colize nous livre sa vision sans concession et pleine d’humanité du grand banditisme.

► C’est qui ?
Paul Colize est sans conteste l’un des grands noms du polar francophone. Cet auteur belge né en 1953 à Bruxelles et qui habite aujourd’hui à Waterloo a déjà publié une douzaine de romans, dont les remarqués Back up (en 2012) et Un long moment de silence (en 2013), à la Manufacture des Livres. Ce dernier a reçu plusieurs récompenses, dont le très côté prix Landerneau Polar il y a deux ans. Venu à l’écriture sur le tard, alors qu’il était consultant en management et organisation, il se singularise par ses intrigues documentées saupoudrées d’humour. Avec Concerto pour quatre mains, il est publié pour la première fois par Fleuve Editions.

► Ça parle de quoi ?
Tout démarre avec l’attaque hors norme d’un convoi transportant pour plusieurs millions d’euros de diamants. Un fourgon garé sur le tarmac de l’aéroport de Zaventem dont les occupants devait chargé leur précieuse cargaison dans la soute d’un avion. En moins de trois minutes, un commando de huit hommes s’emparent du butin sans avoir tiré un coup de feu. Le casse du siècle. Franck Jammet est dans le collimateur de la police. Braqueur de haut vol, il assure pourtant ne rien à voir à faire avec cette histoire. En parallèle, on suit l’avocat Jean Villemont, qui, malgré un emploi du temps chargé, décide de prendre en main le dossier d’un petit délinquant auteur d’une attaque au couteau dans un bureau de poste. Mais les apparences sont trompeuses. Et si les deux affaires étaient liées ?

► Pourquoi on aime ?
Paul Colize sait manier les intrigues comme personne. C’est aussi un portraitiste de première. Et un écrivain avec du style. Sans fioriture, pas un mot de trop, des dialogues ciselés et un rythme soutenu. Il nous dépeint avec brio une galerie de personnages attachants, humains. L’envers du décor du grand banditisme, de la petite délinquance, de la prison aussi. Il faut dire qu’il a été bien conseillé. Ce livre a été en grande partie écrit au parloir, avec les conseils avisés du vrai ex-ennemi public numéro un belge, un certain François Troukens. Aujourd’hui rangé des voitures, il a su donner les clés à Colize pour ouvrir la porte d’un monde que l’on connaît finalement peu et qui est l’objet de bien des fantasmes. Une mention particulière, aussi, aux femmes de ce roman : la complice Julie et l’avocate Leila. Un roman qui confirme le talent de conteur de Paul Colize.

>> Concerto pour quatre mains, de Paul Colize. éd. Fleuve noir, 480 p., 19,90 € 

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