De quoi parle "Paris est une fête" d'Hemingway, le livre-symbole de l'après-attentats ?

De quoi parle "Paris est une fête" d'Hemingway, le livre-symbole de l'après-attentats ?

DirectLCI
MANIFESTE – Ce récit posthume de l'écrivain américain, publié en 1964, est en rupture de stock depuis qu'une citoyenne française pacifiste l'a brandi comme réplique aux attentats. Il y dépeint un Paris idyllique, prisé par les apprentis écrivains qui hantaient les cafés de Montparnasse dans les années 1920.

Brandir un livre comme arme contre la terreur. Les Français l'avaient déjà fait en janvier : après les attentats qui ont endeuillé Charlie Hebdo, le Traité sur la tolérance de Voltaire s'était vendu comme des petits pains. Les attentats du 13 novembre ont eux aussi leur livre-symbole : Paris est une fête d'Ernest Hemingway.

Tout est parti du témoignage de Danielle, une dame de 77 ans qui témoignait sur BFM au lendemain des attentats. Elle a cité Paris est une fête d'Hemingway en déclarant : "c'est très important de voir, plusieurs fois, le livre d'Hemingway, parce que nous sommes une civilisation très ancienne et nous porterons au plus haut nos valeurs"". L'appel a pris : l'édition en poche de Paris est une fête (Folio) est rapidement devenu n° 1 des ventes de livres, jusqu'à la rupture de stock. Son éditeur, Gallimard, a commandé une réimpression de 15 000 exemplaires. Mais de quoi parle ce récit au titre porteur ?

Les années folles d'un Paris bon marché, très prisé des artistes fauchés

En 1957, alors qu'il est déjà prix Nobel de littérature, Ernest Hemingway prend la plume pour raconter sa jeunesse insouciante et bohème à Paris. Il était arrivé dans la capitale en 1921, jeune reporter de 22 ans, avec sa première épouse Hadley. Inconnu mais résolu à ne plus l'être, il savoure la vie parisienne à une époque où l'on pouvait habiter rue du Cardinal Lemoine et aller au Dôme de Montparnasse pour trois fois rien. Il fait son apprentissage d'écrivain en côtoyant d'autres Américains expatriés comme lui : Francis Scott Fitzgerald, Gertrude Stein, Ezra Pound, ainsi que l'Irlandais James Joyce.

Ce sont ces tranches de vie que Hemingway retrace en les idéalisant, et le lecteur parisien d'aujourd'hui soupire de nostalgie avec lui devant ce Paris bon marché, bruissant de fêtes, plein de cafés chaleureux, où les apprentis écrivains pouvaient intégrer les salons des stars littéraires de l'époque. Le livre se termine par la rupture des époux Hemingway : ils ont quitté Paris en août 1924 pour le Canada. Paris est une fête est finalement paru en 1964, trois ans après le suicide de l'écrivain. Ces années parisiennes ont été fondatrices pour l'auteur du Vieil homme et la mer, jusqu'à devenir un petit mythe à l'intérieur du grand : Woody Allen a d'ailleurs mis en scène ce jeune Hemingway parisien dans son film Minuit à Paris, sous les traits de Corey Stoll.

A LIRE AUSSI >> Après le témoignage de Danielle, les ventes de "Paris est une fête" grimpent en flèche

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter