"Debout-Payé", ou le drôle de vigile qui emballe les lecteurs

"Debout-Payé", ou le drôle de vigile qui emballe les lecteurs

DirectLCI
SUCCES – Le bouche-à-oreille a fait de "Debout-Payé", premier roman de l'Ivoirien Armand Gauz, le succès surprise de la rentrée littéraire. L'auteur y dépeint les servitudes du métier de vigile tout en décortiquant les travers grotesques de la société de consommation et les trois âges de l'immigration africaine.

Paru fin août aux éditions du Nouvel Attila avec un tirage initial de 4 000 exemplaires, "Debout-Payé" a conquis la critique et les lecteurs. Le livre en est déjà à son cinquième retirage et totalise à ce jour 20 000 exemplaires, se réjouit sa jeune maison d'édition. Le roman raconte l'épopée d'Ossiri, étudiant ivoirien devenu vigile après avoir atterri sans papiers en France en 1990. Son histoire est ponctuée par des interludes ubuesques : les choses vues et entendues par l'auteur lorsqu'il travaillait comme vigile dans des magasins des Champs-Elysées et de la Bastille.

Un regard drôle et profond sur l'immigration

"Debout-Payé", c'est aussi l'histoire politique d'un immigré et du regard qu'il porte sur la France, à travers l'évolution du métier de vigile depuis les années 1960 à l'après 11-Septembre. Le narrateur est fils et petit-fils de vigile. Une lignée de Debout-Payés, de surveillants presque invisibles aux yeux des clients. Le vigile? Un homme payé - au Smic quand il a des papiers - pour rester debout. Un métier qui consiste à donner une impression de sécurité. C'est un job "qui semble exclusivement réservé aux noirs à Paris parce qu'ils ont le physique pour ça. Parce qu'ils font peur", dit-il.

De son vrai nom Armand Patrick Gbaka-Brédé, Gauz, diplômé en biochimie et un temps sans-papiers, a exercé nombre de petits boulots. L'auteur est aussi photographe, documentariste et directeur d'un journal économique satirique en Côte d'Ivoire. Il a également écrit le scénario d'un film sur l'immigration des jeunes Ivoiriens, "Après l'océan".
 

Lire et commenter