Didier Tronchet, une vie en cases

Le dessinateur de ''Jean-Claude Tergal'' et ''Raymond Calbuth'' sort ''Le fils du Yéti'', une œuvre adaptée d'un précédent roman. Il revient pour metronews sur cette BD plus sombre que ses précédentes séries mais non dénuée de dérision.

Il a comme une envie de tourner la page. Célèbre pour ses BD humoristiques, Didier Tronchet livre avec ''Le fils du Yéti'' une œuvre inspirée de sa propre histoire. ''Tout ce dont je parle m'est arrivé plus ou moins. J'ai besoin d'être dans la sincérité. Ce qui arrive dans la vie est toujours plus fort que la fiction'', explique le dessinateur qui signe là une adaptation très réussie d'un roman homonyme sorti en 2011.

Dans Le Fils du Yéti, il raconte l'aventure d'un homme un peu paumé, dont la vie va basculer en une semaine. Si l'histoire s'inscrit dans le réel, l'animal himalayen qui apparaît notamment dans le titre sort, lui, tout droit de ''Tintin au Tibet''. ''L'univers de Tintin est incroyablement riche. Il y a une universalité des histoires qui permet à tous les enfants de se projeter. Hergé avait cette capacité à susciter l'évasion qui m'a été très bénéfique alors que j'habitais dans le Nord-Pas-de-Calais'', analyse Tronchet qui a, comme son héros, perdu son père très jeune. ''J'espère que le lecteur retrouvera ses propres préoccupations à travers celles de ce type un peu indécis, poursuit-il. Finalement, nous sommes tous plus ou moins dans cette indécision, dans cette incompréhension de ce qui nous arrive.''

Une collaboration avec XXI

Mais le récit a beau aborder des sujets sérieux, l'auteur n'abandonne pas pour autant ses traits d'humour qui ont fait les beaux jours de Raymond Calbuth et de Jean-Claude Tergal. Les aventures de ces deux losers en quête d'amour, bien connus des lecteurs de Fluide Glacial, ont d'ailleurs permis à leur papa de récolter deux fois le prix humour du festival d'Angoulême. Des anti-héros attachants aujourd'hui morts et enterrés ? ''Je ne sais pas'', avoue-t-il.

En attendant une hypothétique résurrection, Didier Tronchet s'est attelé à une toute autre aventure. Après avoir été rédacteur en chef de L'Echo des savanes entre 2007 et 2008, il a quitté la France pour vivre trois ans en Equateur. De son séjour, il a tiré trois reportages parus dans la revue XXI. ''Cette collaboration m'a permis de réunir mes deux passions : le journalisme, qui a été mon premier métier, et le dessin'', explique l'auteur qui souhaite désormais écrire des histoires avec davantage de profondeur. Pas question pour autant de verser dans le tragique. ''Vouloir émouvoir est une intention terrible. Je garde ce goût pour la dérision'', précise-t-il. A lire ''Le Fils du Yéti'', la reconversion se révèle parfaitement réussie.

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