Douglas Kennedy, l'homme qui murmurait à l'oreille des femmes

Douglas Kennedy, l'homme qui murmurait à l'oreille des femmes

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INTERVIEW - L'auteur américain de best-sellers, tels que ''L'Homme qui voulait vivre sa vie'' ou ''La Poursuite du bonheur'', sort son premier recueil de nouvelles, "Murmurer à l'oreille des femmes". Pour metronews, il revient sur ces histoires d'amour ratés et de couples au bord de la crise de nerfs.

C'est la première fois que vous publiez un recueil de nouvelles. Quel rapport avez-vous avec cette forme d'écriture ?
Un roman correspond à deux ans de ma vie, c'est comme un mariage. Une nouvelle c'est plus comme une liaison. Mais c'est une forme d'écriture très intéressante et exigeante. Je suis fier de ces textes qui m'avaient été commandés par des magazines. ''Murmurer à l'oreille des femmes'' représente mon œuvre en miniature : il y a des polars, des récits d'amour et pour la première fois une histoire 100% autobiographique.

Laquelle est-ce ?
La première : ''Guerre froide''. On me l'a demandée à l'occasion du 50e anniversaire de la crise cubaine de 1962. Tout ce que j'ai décrit dans cette nouvelle, je l'ai vécu. Il y avait la guerre froide entre les deux blocs et il se jouait la même chose dans ma famille. Le mariage de mes parents était complètement raté. Mon père, rescapé de la guerre du Pacifique, n'arrivait pas à surmonter sa tragédie. Ma mère était une femme au foyer très frustrée. A cause d'elle, je suis devenu un féministe.

D'autres nouvelles font écho à votre vécu ?
Il y a aussi un peu de moi dans ''Une erreur de parcours'', surtout pour cette phrase : ''Nous ne voyons que ce que nous voulons bien voir''. On évite souvent de se rendre compte de la vérité. Mon divorce [en 2009, ndlr] a été un événement nécessaire mais horrible, surtout pour mes enfants. Je suis très proche de ma fille et de mon garçon qui ont aujourd'hui une vingtaine d'années. Les enfants, c'est la responsabilité la plus complexe et la plus magnifique de la vie.

''Un couple sans problème ça n'existe pas''

Une thématique revient souvent dans ce livre, c'est celle de l'usure du couple, de l'ennui domestique...
C'est la condition humaine. Un couple sans problème ça n'existe pas. Quand on mène des carrières professionnelles, qu'on élève des enfants, les tensions sont inévitables. On ressent un manque de liberté.

Qu'avez-vous envie de murmurer à l'oreille des femmes ?
C'est trop personnel [rires]. Ce titre a été choisi par mon éditeur et je l'aime beaucoup. C'est une bonne métaphore. Dans toutes les histoires intimes, il y a un espoir puis toutes les autres choses arrivent. C'est inévitable car je suis convaincu que tout le monde est un peu névrotique. Après, il y a des choses acceptables et d'autres non.

Vos personnages sont souvent issus de milieux aisés pourquoi ?
L'argent c'est important, c'est un sujet universel. Mais c'est aussi un vernis et la servitude est immense. Les deux principaux motifs pour lesquels on divorce restent le sexe et l'argent.

Vous n'avez pas eu envie de glisser une nouvelle un peu plus optimiste ?
Je suis très optimiste au sujet de la vie mais aussi très réaliste. Le malheur est un choix, le bonheur aussi. Je n'ai jamais écrit de fin hollywoodienne, ce n'est pas mon truc.

''Murmurer à l'oreille des femmes'', de Douglas Kennedy, éditions Belfond, 21 €.

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