Et si vous cédiez aux "Sirènes Noires" de Jean-Marc Souvira ?

Et si vous cédiez aux "Sirènes Noires" de Jean-Marc Souvira ?

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NOIR, C’EST NOIR – Le crime vous passionne ? Chaque semaine, retrouvez le coup de cœur de Marc Fernandez, notre expert du roman policier. Aujourd'hui : "Les Sirènes Noires", de Jean-Marc Souvira.

Certains auteurs sont prolifiques et rapides. D’autres prennent leur temps. Il aura fallu attendre cinq ans pour que Jean-Marc Souvira nous revienne dans les librairies avec une nouvelle aventure de son héros, le commissaire Mistral. Non pas que ce grand flic n’aie plus eu d’inspiration ou l’envie d’écrire, mais des raisons personnelles d’abord (le décès de son père des suites d’une longue maladie) et le travail ensuite (il occupe un poste important de la police judiciaire) ont pris le pas sur ses velléités d’écriture. Mais le revoilà avec Les Sirènes noires (Fleuve Editions), un thriller qui embarque le lecteur dans un Paris sombre où se mêlent meurtres, trafic d’êtres humains, prostitution et magie noire…

C’est qui ?
Jean-Marc Souvira, né à Oran en 1954, est commissaire divisionnaire. Flic depuis vingt-cinq ans, il a dirigé l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains puis l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière. Il est aujourd’hui basé à Rabat, au sein de la Direction de la Coopération internationale. Outre sa carrière dans la police, il est aussi l’auteur du scénario du film Go Fast et de deux romans noirs remarqués, Le Magicien et Le Vent t’emportera (tous deux parus au Fleuve), qui mettent en scène, entre autres, un personnage récurrent, Ludovic Mistral, et son équipe de la brigade criminelle du 36 quai des Orfèvres.

Ça parle de quoi ?
A Paris, dans le quartier de la Goutte d’Or, un couple d’Africains dans un squat. Il fait nuit et ils vont mourir. Une scène de crime d’une violence rare pour la Crim’, dirigée par le commissaire Mistral, puisqu’il ne reste des victimes que les troncs. Ils ont été démembrés… Au même moment, dans un parking souterrain de l’Ouest parisien, un homme attend sa proie. Sa victime, une belle jeune femme, arrive et n’a pas le temps de rentrer dans sa voiture. Violée et tuée. Une autre affaire pour la célèbre brigade du 36 quai des Orfèvres. A des milliers de kilomètres de là, au Nigeria, Margaret, une ado de 17 ans au corps de déesse, ne le sait pas encore, mais elle vit, face au sorcier chez qui elle est entrée, ses dernières minutes d’innocence. Elle qui pensait devenir coiffeuse à Barbès, va découvrir la dureté des trottoirs parisiens. Elle s’appellera dorénavant Stella et sera prostituée.

Pourquoi on aime ?
Jean-Marc Souvira ne nous propose pas une simple intrigue policière, mais trois histoires bien sombres, sans pour autant perdre son lecteur. C’est là que réside sa force : il parvient à tisser des liens entre chacune d’elles, il en profite aussi pour approfondir son héros Mistral et nous régaler par le réalisme de certaines scènes. Il faut dire que, vu son parcours, il connaît la chanson. En parlant de musique, celle-ci revêt une importance non négligeable tout au long du texte, avec des références régulières aux grands noms du jazz mais aussi du rock. Une mention particulière pour AC/DC, mais impossible d’en dire plus ici sans trop révéler de choses. Avec ce troisième roman, Souvira confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Son style s’affine comme une lame de couteau, le rythme est soutenu et on a du mal à refermer ce livre avant d’en connaître le point final. Une réussite.

>> Les Sirènes noires, de Jean-Marc Souvira. Fleuve Éditions, collection Thriller Policier, 448 pages, 19,90 €

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