Faut-il lire "Oh la vache !", le premier roman de David Duchovny ?

Faut-il lire "Oh la vache !", le premier roman de David Duchovny ?

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L'ACTEUR EST DANS LE PRE – L'acteur américain, devenu célèbre grâce aux séries "X-Files" puis "Californication", publie son premier roman, "Oh la vache !" (Grasset). Même s'il possède un solide bagage littéraire, Duchovny livre une fable animalière assez poussive.

Oui, parce que sa fable animalière est pleine de références familières
Avec son passé de sex-addict, passé par une cure de désintoxication, David Duchovny avait toute la matière nécessaire pour pondre un sulfureux récit. A la place, il a choisi de se mettre dans la peau... d'une vache. La paisible Elsie Bovary (!) raconte, à la première personne, comment elle a fui sa ferme, et donc l'abattoir, pour partir en Inde, où ses consœurs sont sacrées. Dans son périple, elle sera flanquée d'un dindon en route pour la Turquie ("Turkey" en anglais désigne à la fois le pays et l'animal), et d'un cochon converti au judaïsme pour être sûr de ne jamais être mangé. Vous l'avez deviné, on doit lire ce récit en alternant différents degrés de lecture.

Non, parce que ça n'arrive pas à la cheville de Shaun le mouton
Les studios Aardman auront une impression de déjà-vu à la lecture de Oh la vache ! Quand on donne une voix aux animaux, on se les représente sous la forme de personnages de dessin animé ou d'animation. Tous les clichés y passent, Elsie et sa copine Mallory s'expriment comme des adolescentes (ça a dû demander du boulot au traducteur, Claro), les humains sont cruels et auto-destructeurs alors que les animaux ne rêvent que de paix et d'écologie dans les prés. Même le conflit israélo-palestinien peut être vite réglé en trouvant un bouc émissaire – en l'occurence Shalom, le cochon juif, le seul personnage qui amuse avec son yiddish de supermarché.

Oui, parce que David Duchovny est diplômé de littérature à Yale
Avant de traquer les ovnis dans X-Files, David Duchovny avait fait des études poussées de littérature. Pas à la fac du coin, mais dans les prestigieuses universités de Princeton et de Yale. C'est à Yale qu'il a découvert le théâtre, et décidé de laisser de côté les bouquins pour les spots télévisés, mieux payés. Duchovny a souvent mentionné sa passion pour la littérature, mais il n'était devenu écrivain que dans la série Californication, où il incarne un auteur new-yorkais exilé en Californie. Jusqu'à ce qu'il se jette à l'eau sous son vrai nom, avec ce premier roman, Holy Cow en V.O.

Non, parce qu'à force de vouloir être original, on rate son coup
En anthropomorphisme au cinéma, Disney, Pixar et Dreamworks ont pondu tellement de chefs-d'œuvre qu'il est difficile de les surpasser. En littérature aussi, donner la parole aux animaux pour dénoncer la barbarie humaine a déjà été fait : La ferme des animaux, de George Orwell, reste la référence du genre. Avec autant de pages que le classique d'Orwell (200), Duchovny réussit à construire son histoire, visiblement bien coaché par ses éditeurs. Mais ses onomatopées, ses jeux de mots faciles et ses blagues un peu lourdes réduisent Oh la vache ! à une lecture fast-food, agréable sur le moment, vite expédiée sans laisser de traces.

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