Grégoire Delacourt : "J'espère que Scarlett Johansson va enfin lire mon livre"

Grégoire Delacourt : "J'espère que Scarlett Johansson va enfin lire mon livre"

INTERVIEW – Que vaut une vie ? Après le succès de "La liste de mes envies", Grégoire Delacourt publie "On ne voyait que le bonheur". Un roman bouleversant qui a tout pour devenir le best-seller de cette rentrée. L'histoire d'un comptable qui, confronté à la mort de son père, s'intéresse à la valeur de sa vie. De toutes les vies.

Quel a été le point de départ d'On ne voyait que le bonheur ?
Après la sortie de La première chose qu'on regarde, je ne pensais pas écrire car je voulais prendre un peu de temps. Mais c'est parti d'un truc hyper banal, quand il y a un an et demi, un médecin m'a dit : "Votre père va mourir". A chaque fois que j'allais le voir dans le Nord, je me disais que c'était peut être la dernière fois. J'ai eu envie de revoir ma vie avec lui et je me suis demandé ce que je perdais. Le jour où j'ai fini le livre, mon père est mort. J'aurai peut-être du écrire un livre de 5 000 pages qui dure trois ans. Mais ça a pris un an et demie. J'en suis sorti vidé.

C'est ainsi qu'est né le personnage d'Antoine, un assureur qui apprend, lui aussi, que son père va mourir...

Oui, et à cette occasion il va se poser la question de la valeur de son enfance. Comme il est assureur, ça m'amusait d'avoir des petits chapitres courts comptables. On prend un café ensemble, ça vaut 2,50 euros mais si vous êtes la femme de ma vie, est-ce que ça ne vaut pas plus ? Mais je voulais aller encore plus loin avec Antoine, me rapprocher du fait divers car, sans rien dévoiler de l'intrigue, les histoires de gens qui commettent l'irréparable ça me bouleverse aux larmes.

Comme Jeanine, dans La liste de mes envies, Grégoire c'est Monsieur tout le monde. Vous aimez écrire sur les gens simples ?

Mais nous sommes tous des gens simples. Un chirurgien quand il rentre chez lui, il fait un barbecue avec sa bière. Moi j'aime les gens, l'époque. J'aime comprendre avec qui je vis. Ce qui me plaît c'est que les gens apprécient leur vie à travers mes livres, qu'ils se disent "Finalement j'ai pas une vie de merde".

"Je crois que l'amour est un truc mutant qui doit sans cesse évoluer"

C'est un livre très dur, mais pourtant rempli d'espoir...

Oui parce que je voulais aussi raconter l'histoire d'une rédemption. C'est un livre sur la lumière, même s'il est très sombre. Mais pour une fois j'ai mis le noir au milieu car pour aller dans la lumière, il faut passer par l'obscurité.

Une fois de plus, le couple est malmené. Croyez-vous encore à l'amour ?

Oui j'y crois, mais il y a quand même une grande suspicion autour de l'amour. On dit "pour le meilleur et pour le pire", c'est quand même une énorme connerie ça ! Je crois que l'amour est un truc mutant qui doit sans cesse évoluer et s'adapter à l'autre. Et puis c'est pas grave si ça ne dure pas.

Etes-vous un optimiste réaliste ?

Si vous voulez. Jean-Louis Fournier a dit "Delacourt il est gai dehors et triste dedans". Ca me va très bien comme définition aussi.

"De toutes façons, c’est le lecteur qui a le dernier mot"

Comment avez-vous réagi au procès que vous a intenté Scarlett Johanson pour La première chose qu'on regarde, dans lequel vous utilisiez son nom ?

L'affaire est close aujourd'hui, on a été condamnés à 2500 euros au titre d'atteinte à la vie privée. Mais ça m'a étonné parce que le live est super confortable pour elle, c'est un beau portrait. En même temps elle a raison de demander ce qu'on a fait de son nom. Mais elle a été déboutée de toutes ses demandes, ce qui est très bien pour le livre car il va pouvoir sortir partout. Et je vais pouvoir le lui envoyer en anglais pour qu'elle le lise enfin.

Ce nouveau roman est très attendu. Ressentez-vous une certaine pression ?

La pression elle n'est pas sur moi, mais sur l'éditeur. Je ne peux pas avoir de pression sur quelque chose que je ne peux pas contrôler. De toutes façons, c’est le lecteur qui a le dernier mot. Mais c'est ma première rentrée littéraire, et c'est vraiment violent. Les gens sont méchants car il y a beaucoup d’enjeux commerciaux. Il y a des clans, des prix. Moi je suis en dehors de tout ça. Une rentrée c'est une fête des livres, il ne faut pas les abimer. Quand on n'aime pas un bouquin on ferme sa gueule. Après les gens n'achètent plus rien, ils ne vont plus en librairie. Il faut donner envie aux gens d'aller lire car il y a toujours un livre pour quelqu'un.  

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