"Gun Machine" : Warren Ellis sort l'artillerie lourde

"Gun Machine" : Warren Ellis sort l'artillerie lourde

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LIVRES - Polar, thriller, roman noir... Chaque jeudi, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez, cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Alibi". Aujourd'hui : "Gun Machine", de Warren Ellis.

Certains auteurs ont du talent. Vraiment beaucoup de talent et, quoiqu’ils écrivent, ils le transforment en un texte qu’on ne peut plus lâcher avant la dernière ligne, avant d’avoir eu le fin mot de l’histoire. Warren Ellis est de ceux-là. Ce barbu quadragénaire au physique de pilier de rugby a la réputation d’être un peu fêlé. À la lecture de ses livres, on peut le confirmer, celle-ci n’est pas usurpée.

C’est qui ?
Warren Ellis donc. Scénariste de profession, son nom est synonyme de légende dans le monde des comics et des romans graphiques. Un véritable prodige pour les amateurs, avec une carrière qui l’a mené chez les plus grands, Marvel et DC Comics. On lui doit, entre autres, les scénarios d’Iron Man, Transmetropolitan ou Planetary. Son premier roman, Artères souterraines, a été publié en France en 2010 au Diable Vauvert (et sort en même temps que Gun Machine au Livre de Poche). Sa BD Red a été adaptée au cinéma avec au casting, excusez du peu, Bruce Willis et Helen Mirren.

Ça parle de quoi ?
Bienvenue à New York, où la journée de John Tallow et de son équipier Jim Rosato commence par une intervention dans un vieil immeuble de Manhattan. Un forcené armé et nu comme un ver tire sur tout ce qui bouge dans la cage d’escalier. Il ne loupe pas Rosato, qui meurt sur le coup, tandis que Tallow vide son chargeur sur lui et sur le mur d’un appartement. C’est au moment où les techniciens parviennent à y pénétrer que les ennuis commencent vraiment. Ils découvrent un véritable arsenal d’armes qui correspondent toutes à des meurtres non élucidés. Et Tallow se voit intimer l’ordre de résoudre cette affaire, avec l’aide de deux bras cassés…

Pourquoi on aime ?
On retrouve toute la gouaille d’Ellis dans Gun Machine. Il nous livre ici une intrigue originale et des personnages sombres et drôles à la fois. Un véritable polar urbain mené à un rythme effréné, aux dialogues bien sentis. On a envie que Tallow réussise à démêler cette affaire compliquée. On rit avec ses acolytes Scarly et Bat, les agents un peu barges de la police technique et scientifique. On frissonne quand apparaît l’étrange chasseur. Embarqué en plein cœur de New York, le lecteur se laisse prendre au piège, jusqu’au dénouement. Car, avec Ellis, il y a rarement une fin heureuse. Quoique…

Gun Machine, de Warren Ellis, trad. Claire Breton. Éditions du Masque, 304 pages, 20,90 €
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