Joël Dicker : "J'aime ne pas savoir ce qui va se passer quand j'écris"

Joël Dicker : "J'aime ne pas savoir ce qui va se passer quand j'écris"

FUTUR BEST-SELLER – Trois ans après "La vérité sur l'affaire Harry Québert", le Genevois de 30 ans vient de sortir "Le Livre des Baltimore" (éditions de Fallois). Son héros Marcus Goldman revient dans une double histoire de famille où il est question de gloire et de chute, d'amour et de jalousie, de secrets et de pardon. Une grande saga à l'américaine, qui pourrait connaître les jours heureux de son prédécesseur.

Comment s'est passée votre première rencontre avec les lecteurs, hier à la Fnac ?
C'était chouette, j'étais content de reprendre du service. Mais c'était une simple rencontre, il y en aura après avec ceux qui auront lu le roman, et ils viendront faire des réclamations. C'est toujours comme ça et c'est très bien (rires) ! Ça veut dire que les gens se sont tellement investis dans le livre qu'ils ont des revendications. Il faut parfois rappeler que ce n'est qu'un roman...

Vous travaillez sans plan. Avez-vous vraiment improvisé ce roman qui paraît très construit ?
Il n'y avait pas de plan, mais j'ai improvisé avec un filet. Il m'est arrivé de partir dans une direction, de me dire que ce n'était pas ça, de revenir, d'en essayer une autre, etc. Si on faisait une arborescence... (il cherche un stylo et une feuille de papier, et trace un schéma.) L'idée 1 mène vers l'idée 2, l'idée 3 et l'idée 4. L'idée 2 peut mener à une idée 2bis... (les idées poussent sur la feuille, jusqu'à 9.) Quand vous regardez une maison, vous voyez une maison, vous ne voyez pas le chantier, les ouvriers, vous ne voyez que la finalité, ça correspond un peu à ça.

Le "Drame" évoqué dès les premières pages, vous saviez dès le début en quoi il allait consister ?
Non. Tout vient peu à peu. Ça fait partie du plaisir de l'écriture, de ne pas savoir ce qui va se passer.

Marcus n'est pas vraiment le héros de ce roman, c'est plutôt cette famille, les "Goldman-de-Baltimore"...
Oui, c'est un défi que je m'étais lancé. J'ai parfois entendu dire que dans Québert les personnages étaient un peu simples, trop rapidement décrit. J'ai essayé de faire quelque chose où les personnages gagnaient en force, en existence.

Le Livre des Baltimore tourne beaucoup autour des signes extérieurs de réussite...
Qu'est-ce qu'il y a derrière cette volonté d'être le plus ci ou le plus ça ? Et au fond, qu'est-ce qui reste quand on perd tout ? C'est un peu ça, la question qui m'intéressait. Savoir ce qu'on a dans le ventre, quand on est face à soi-même. Il reste des sentiments très terre-à-terre : est-ce que je suis heureux, est-ce que je suis aimé...

Le pardon est aussi l'un des grands thèmes que vous aimez développer...
C'est un pardon qui passe aussi par le pardon envers soi-même. S'accepter, être capable d'aller plus loin que ça. C'est important, c'est ce qui nous permet d'avancer, si on connaît des rancoeurs, des colères, des regrets, il faut être capable d'avoir ce pardon en soi.

Avez-vous toujours l'intention d'écrire une trilogie autour de Marcus Goldman ?
On m'en a tellement parlé que je ne vais pas la faire ! L'idée d'une trilogie expliquait la raison de ce Livre des Baltimore. Ça ne veut pas dire qu'il y aura un prochain livre avec Marcus, il y en aura peut-être un dans dix ans, ou jamais, je n'en sais rien.

Mais vous êtes déjà reparti sur un nouveau roman ?
Oui.

Vous écrivez toujours en musique. Quelle a été votre "playlist Baltimore" ?
The Script... Michel Petrucciani... Pas mal de jazz, en fait. Vous avez vu Whiplash ? La bande originale est fantastique.

Vous avez écrit ce roman pendant une longue tournée de promotion. Avez-vous pu vous balader dans le Maryland et en Floride, où se passe l'essentiel de l'intrigue ?
Ce sont des lieux que je connais bien, j'y suis retourné mais je savais déjà ce que j'écrivais à ce moment-là, pas à cause d'un blocage ou d'un besoin. Ce sont des lieux distants de trois heures de vol, vous partez de New York où il fait -20°C, vous arrivez à Miami où il fait 25°C, c'est assez fou.

Seriez-vous tenté d'acheter une maison là-bas, comme Marcus, pour vous isoler et écrire ?
Non, pas spécialement.

Il semble que Québert n'ait pas encore trouvé de réalisateur pour être adapté au cinéma. Auriez-vous un casting idéal en tête, pour vos deux romans ?
Non, j'aime ne pas mettre des visages connus sur les personnages. Etre directeur de casting c'est un vrai métier : plus qu'un visage, il faut trouver une personnalité. Ça mériterait que j'y réfléchisse si la question se pose. Pour l'instant, ça paraît loin.

A LIRE AUSSI >> Ce qu'il faut savoir sur "Le Livre des Baltimore" de Joël Dicker

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