"La fille du train" : et si c'était le meilleur thriller de l'été ?

"La fille du train" : et si c'était le meilleur thriller de l'été ?

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COUP DE COEUR - Polar, thriller, roman noir... Chaque semaine, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez. Aujourd'hui : "La fille du train", de la Zimbabwéenne Paula Hawkins.

Alors que le prix SNCF du polar a été remis hier à Craig Johnson, pour Enfants de poussière, aux éditions Gallmeister, l’heure est venue d’embarquer à bord d’un TGV un peu spécial, un thriller à grande vitesse signé Paula Hawkins. Grand voyageur ou usager occasionnel, vous ne pouvez pas passer à côté de ce phénomène qu’est La Fille du train. Les éditions Sonatine nous avait déjà bien menés en bateau avec Les Apparences, de Gillian Flynn, voilà qu’elles recommencent, pour notre plus grand plaisir. Attention au départ…

C’est qui ?
Paula Hawkins a 43 ans. Née au Zimbabwe, elle a vécu à Paris (où elle a travaillé comme femme de chambre dans un grand hôtel) et en Belgique. Elle est aujourd’hui londonienne. La Fille du train n’est pas son premier roman. Enfin, presque. Il l’est sous son vrai nom, mais cette ancienne journaliste, métier qu’elle a exercé durant une quinzaine d’années dans diverses rédactions (dont celle, prestigieuse, du Financial Times), avait déjà commis quatre livres, des commandes, sous pseudo. Cette fois, elle a bien fait d’écrire sans nom d’emprunt. Vendu à plus de 2 millions d’exemplaires et traduit en 42 langues, ce roman est un succès hors normes. Au point que Steven Spielberg en a acheté les droits d’adaptation.

Ça parle de quoi ?
Rachel. C’est elle, la fille du train. Tous les jours, à 8h04 et à 17h56, elle fait le trajet qui la mène de sa banlieue à Londres et inversement. Tous les jours assise à la même place. Tous les jours à observer, lors d’un arrêt, par la fenêtre. Une maison près des voies. Où vit un couple parfait selon elle. Un couple qu’elle a baptisé Jess et Jason. Un couple qui lui renvoie une image de bonheur à la figure, loin, très loin de son histoire à elle, de sa rupture avec Tom (qui a refait sa vie avec Anna), de son addiction à l’alcool. Un jour, elle voit "Jess" avec un autre homme. Son monde s’écroule. Surtout quand, le lendemain, sa photo s’étale à la une des journaux. Jess, qui s’appelle en réalité Megan, a disparu. Rachel va alors se jeter à corps perdu dans cette enquête. Elle doute. Elle croit qu’elle était non loin de cette maison le jour de la disparition. Mais elle était tellement ivre qu’elle ne se souvient de rien…

Pourquoi on aime ?
Malgré un démarrage un peu lent, La Fille du train s’avère, au fil des pages, impossible à lâcher. Un suspense terrible, une intrigue qui entraîne le lecteur sur des fausses pistes, des personnages forts, même si on a parfois envie de secouer Rachel pour qu’elle réagisse, une construction bien maîtrisée et une narration originale, à trois voix (Rachel, Megan et Anna), font de ce thriller un véritable page turner comme on dit. On pense à Fenêtre sur cour, on pense aux Apparences. On découvre avec effarement que les Anglais achètent du gin tonic en canettes… On se dit, surtout, que tout le monde à sûrement quelque chose à cacher. Que derrière ces fenêtres allumées, où chacun a, au moins une fois dans sa vie, tenter de jeter un œil en passant, il n’y a pas que des couples ou des familles sans histoires. Et qu’on adore les regarder sans être vus…

La Fille du train, de Paula Hawkins, trad. C. Daniellot. Éditions Sonatine, 378 pages, 21 €

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