"La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel" : Romain Puértolas est (encore) magique

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PORTRAIT – C'est l'histoire d'un homme qui devient du jour au lendemain un auteur de best-seller traduit dans le monde entier. Rencontre avec l'écrivain, qui publie déjà un nouveau roman pétri de fantaisie, La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel, moins de deux ans après son hilarant "Fakir".

Romain Puértolas vit un vrai conte de fées. Ça tombe bien : ses récits abracadabrantesques ont des allures de contes modernes. L'histoire de ce jeune quadra bien dans ses baskets jaune fluo est à peine croyable. "Je me sens comme un joueur de golf à qui on dit un jour qu'il a le niveau pour être champion", nous résume celui qui s'était vu refuser sept romans avant de percer.

C'est son délirant "Fakir" qui a tout changé. Avant même la parution du livre en 2013, les éditeurs étrangers se bousculent au portillon. Finalement traduit dans 35 langues, L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea narre les péripéties drolatiques d'un homme à la recherche d'un lit clouté, brinquebalé dans toute l'Europe à la faveur de rebondissements improbables. On retrouve le même ton fantaisiste dans son nouveau roman, La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel. "Je m'invente des réalités à partir de choses du quotidien qui me font rire, explique l'intéressé. Je ne pensais pas être publié en France, parce qu'on a beau être les rois de la comédie, nos romans donnent envie de se flinguer. J'assume mon côté populaire, je suis la coupe de champagne à côté de la thèse de doctorat."

Des vannes qui fusent... mais pas que

Résumer un livre de Romain Puértolas revient à tirer des ficelles à l'infini. Tenez plutôt : dans son nouveau bébé, une factrice va apprendre les rudiments du vol dans les nuages auprès de personnages farfelus au moment du réveil du volcan islandais. Le but ? Partir au Maroc chercher sa fille atteinte de la mucoviscidose. Mais derrière les vannes qui fusent se cache une morale humaniste. "Je ne suis pas une ONG, je n'ai pas de solution à apporter. Je veux pouvoir faire sourire les gens, tout en les faisant réfléchir."

Le moins que l'on puisse dire, c'est que sa méthode de travail est atypique. "J'ai une idée de roman par jour, souvent sous la douche, confie-t-il. Je profite de chaque instant, dans le train, le métro, l'avion pour noter des phrases sur mon téléphone et sur des post-it." L'auteur a d'ailleurs exercé de nombreux métiers en parallèle : nettoyeur de machines à sous, lieutenant de police, DJ, contrôleur aérien. Il injecte des pans entiers de son quotidien dans ses récits. "Il y a des pages du Fakir qui sont secret défense, révèle-t-il. Je m'imaginais à 80 ans regarder avec nostalgie les 3 exemplaires imprimés pour mes proches."

Alors qu'il finalise déjà son prochain roman, Romain Puértolas planche aussi sur l'adaptation au ciné du Fakir. "J'ai coécrit le scénario et j'aimerais bien être immortalisé avec ma famille. C'est incroyable tout ce qui m'est arrivé. Je côtoie des gens que je voyais avant à la télé, c'est inimaginable, je suis passé de l'autre côté de la barrière."

La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la Tour Eiffel, éditions Le Dilettante, 252 pages.

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