"La ville orpheline" : Victoria Hislop réveille les fantômes de Chypre

"La ville orpheline" : Victoria Hislop réveille les fantômes de Chypre

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RENCONTRE - Best-seller vendu à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde, "L’Île des oubliés", premier roman de Victoria Hislop, a conquis 500 000 lecteurs en France et a été couronné par le Prix des lecteurs du Livre de Poche. A l'occasion de la sortie de nouveau roman, "La ville orpheline", metronews est allé à la rencontre de l'écrivain, à Londres.

Avec quatre romans déjà publiés en France, Victoria Hislop est désormais une romancière qui compte. "Le succès de L’Île des oubliés est une grande surprise parce que j’écris des histoires qui ne sont pas joyeuses", dit-elle à propos de son premier roman, paru chez nous en 2012 et vendu à plus de 500 000 exemplaires. Le fil des souvenirs (2013) et Une dernière danse (2014) ont suivi depuis.

Dans un salon de thé londonien, elle nous confie en français, avec un accent so cute, qu’elle vit à la fois en Grande-Bretagne et en Grèce. "Je travaille l’écriture de mes livres à Londres à la bibliothèque de Saint-James Square et je m’inspire de ce que je vis en Grèce. À Agios Nikolaos, je vis, j’en profite pour voir mes amis, je vais au restaurant. À Londres, je suis bien plus disciplinée."

Une île paradisiaque dans les tourments de l’histoire

C'est en 1977 que Victoria Hislop découvre Chypre, théâtre de son nouveau roman, La ville orpheline. "J'étais étudiante, j’étais très naïve", se souvient-elle. "J'étais logée dans un camping, sur une plage à côté d’un hôtel détruit, un lieu hostile, en ruine. C’était étrange, nous étions à quelques kilomètres de la ville de Famagouste qu’on ne pouvait pas visiter, inaccessible et protégée par de nombreux soldats." Cette ville fantôme, l'écrivain ne la découvrira que huit ans plus tard. "L’émotion était très forte, la colère intense, si bien que sur place, j’ai pris des notes, rencontré les habitants pour échanger avec eux, et en rentrant, j’ai commencé à écrire La ville orpheline", précise-t-elle.

Au début des années 1970, "cette cité balnéaire était un paradis pour les vacances, la plus enviée de la Méditerranée", explique Victoria Hislop. "Même des célébrités comme Elisabeth Taylor et bien d’autres y séjournaient". L’entente entre les chypriotes grecs et les chypriotes turcs s’effritera lors de l’invasion par la Turquie en 1974. Dans le roman, j’ai eu l’idée de mettre en scène deux familles qui travaillent en parfaite harmonie dans le plus grand hôtel le Sunrise, l’une chypriote grec, l’autre chypriote turc", observe-t-elle.

Du jour au lendemain, à Famagouste, 40 000 personnes fuient l’armée, en abandonnant leurs biens les plus précieux. Les deux familles de La Ville Orpheline, les Georgiou et les Özkan, font partie de ce chaos. Elles restent. Que vont-elles devenir ? "Je voulais parler des conséquences de la grande Histoire sur des gens ordinaires", insiste avec conviction l'auteur. "Parce que ce sont des hommes et des femmes comme nous."

La ville orpheline, de Victoria Hislop. Ed. Les Escales, 368 p., 21,50 €

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