Lars Kepler : un homme et une femme au pays du roman noir

Lars Kepler : un homme et une femme au pays du roman noir

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PORTRAIT - Derrière l'écrivain à succès Lars Kepler se cachent Alexander et Alexandra Ahndoril, couple suédois chic et choc. Metronews les a rencontré à l'occasion de la sortie du quatrième volet des enquêtes de l'inspecteur Joona Linna, "Le Marchand de Sable" (Actes Noir).

La naissance de Lars Kepler est un roman policier à elle toute seule. En 2009, la presse suédoise s'enflamme pour L'Hypnotiseur, le premier volet des enquêtes de l'inspecteur Joona Linna, vendu dans le monde entier avant même sa sortie. Derrière ce pseudo qui claque se cachent Alexander et Alexandra Ahndoril, un couple d'auteurs qui à l'époque ont envoyé leur manuscrit anonymement à leur éditeur. Histoire de s'offrir un challenge, après 20 ans de mariage.

"Ecrivain, c'est un métier très solitaire, on passe des années dans son monde imaginaire, sans laisser personne y entrer", raconte le premier. "Je lui ai proposé de faire un livre pour enfants ensemble, mais nous ne sommes jamais parvenus à nous entendre sur le style. On a failli divorcer !", s'amuse la deuxième.

"On s'est mis en tête que Lars Kepler existait vraiment"

Leur salut passera par un changement de registre, le roman criminel, dans la foulée du succès de Stieg Larson, le défunt papa de la trilogie Millenium. Mais surtout par la création d'un écrivain fantôme, "afin de nous débarrasser de nos voix respectives", explique Alexandra. "On s'est mis en tête que ce Lars existait vraiment, et que nous allions lui apprendre à écrire", poursuit Alexander.

L'été de sa sortie, L'Hypnotiseur se classe aussitôt en tête des meilleures ventes en Suède. Afin d'échapper à la frénésie médiatique, le couple se cache avec ses quatre enfants dans sa maison de campagne. Où des paparazzis viendront les dénicher. "Une nuit on a vu une lampe torche s'allumer au fond de notre jardin. Cinq minutes après, deux types avec des caméras toquaient à la porte et nous disaient 'avouez-le, vous êtes Lars Kepler !'." (rires)

"On veut être excitants du début à la fin, pas seulement au début et à la fin"

Alors qu'un cinquième volet vient de paraître en Suède, les lecteurs français peuvent aujourd'hui découvrir Le Marchand de Sable, le quatrième opus d'une saga qui devrait en contenir huit. Joona Linna, "un flic têtu avec un côté sombre, aux antipodes des clichés du policier scandinave, gros et alcoolique", dixit Alexandra, y livre un jeu dangereux avec le tueur en série Jurek Walter, dont l'une des victimes présumées ressurgit alors qu'il est enfermé en psychiatrie.

La patte Kepler ? Des chapitres ultra-courts pour un cocktail explosif de psychologie et d'action pure. "On veut être excitants du début à la fin, pas seulement au début et à la fin", précise la jeune femme. "Ce qui explique pourquoi on écrit au présent, ici et maintenant, alors que la plupart des histoires du genre sont racontées a posteriori."

"Une forme de danse créative"

Au fait, comment parvient-on à écrire à deux sans s'arracher les cheveux ? "Nous travaillons l'un à côté de l'autre, chacun derrière son ordinateur", révèle Alexander. "Sur le mur derrière nous affichons le plan de l'histoire. On se partage les chapitres et on s'échange les textes par e-mail jusqu'à ne plus savoir qui a écrit quoi. C'est une atmosphère de travail très excitante, une forme de danse créative."

Laquelle s'étend jusqu'aux recherches. "Il nous arrive d'essayer les armes et de reproduire les bagarres nous-mêmes", sourit Monsieur. "Ayant fait partie des Forces Spéciales, dans ma jeunesse, je me mets à la place de Joona, dit-il. "Et moi je me retrouve à la place du méchant qui essaie de le tuer !", renchérit Madame. (Rires)
 

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