Le Clézio prône l'ouverture des frontières

Le Clézio prône l'ouverture des frontières

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POSITION – Le prix Nobel de littérature a plaidé dimanche pour une ouverture de l'Europe en réaction aux récents attentats islamistes. Il a également expliqué pourquoi il ne lira pas ''Soumission'' de Michel Houellebecq.

L'attentat contre Charlie Hebdo n'a pas changé sa vision du monde. Dimanche, en Colombie, en marge d'un festival littéraire où il était convié, Jean-Marie Gustave Le Clézio a lancé un plaidoyer pour l'"ouverture des frontières". "Il ne faudrait pas dresser encore d'autres frontières mais au contraire, les baisser... que les gens puissent circuler plus facilement et partout", a affirmé l'écrivain français, prix Nobel de littérature 2008.

"Le 11 janvier aura fait reculer le spectre de la discorde"

L'auteur de Désert et de L'Africain a également qualifier de "honte" l'espace Schengen européen. "On est en train de fermer l'Europe à l'Afrique, à l'Orient, même à l'Amérique Latine", a déclaré le romancier alors que plusieurs politiques ont remis en cause la libre-circulation au sein de l'Union européenne au lendemain des attaques islamistes.

Après la grande marche républicaine du 11 janvier, JMG Le Clézio avait publié une tribune dans Le Monde des livres dans laquelle il félicite sa fille d'avoir participé à cet hommage aux victimes des attentats. ''Je crois que cela a été un moment fort dans l’histoire du peuple français, que certains ­intellectuels désabusés voudraient croire frileux et pessimiste, condamné à la soumission et à l’apathie. Je pense que cette journée aura fait reculer le spectre de la discorde qui menace notre société plurielle'', avait-t-il écrit.

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''Trois assassins, nés et grandis en France, ont horrifié le monde par la barbarie de leur crime. Mais ils ne sont pas des barbares. Ils sont tels qu’on peut en croiser tous les jours. A un certain point de leur vie, ils ont basculé dans la délinquance, parce qu’ils ont eu de mauvaises fréquentations, parce qu’ils ont été mis en échec à l’école, parce que la vie autour d’eux ne leur offrait rien qu’un monde fermé où ils n’avaient pas leur place, croyaient-ils'', avait poursuivi JMG Le Clézio. Une position qui lui a valu de nombreuses critiques dont celles d'un autre prix Nobel de littérature, le romancier péruvien Mario Vargas Llosa.

Interrogé sur le succès rencontré par Soumission, roman dans lequel Michel Houellebecq décrit l'élection du premier président musulman à l'Elysée, Le Clézio a déclaré dimanche : "Je n'aime pas beaucoup le titre de ce livre et je ne le lirai probablement pas parce que je ne pense pas que ce soit un bon message à donner aux Français, de leur dire qu'ils doivent avoir très peur de l'islam. Je crois qu'ils ont déjà en France une tendance a céder à la crainte alors je ne pense pas que ce soit une bonne idée".

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