Le livre qui fait du bien (29) : "Le voleur de brosse à dents" de Églantine Éméyé

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COUP DE CŒUR - Roman, témoignage, essai... Chaque semaine, retrouvez le choix "feel good" de Christophe Mangelle, fondateur et rédacteur en chef du site culturel "La Fringale Culturelle". Aujourd'hui : le lumineux et nécessaire témoignage, "Le voleur de brosses à dents", d’Églantine Éméyé.

C’est qui ?
Églantine Éméyé, c’est un visage qui vous dit quelque chose bien évidemment, puisqu’elle est journaliste et animatrice TV depuis 1999. Elle a fait ses premiers pas sur le petit écran sur Canal + dans "Nulle part ailleurs" avec une chronique culturelle. Quelques années plus tard, elle présente "Chic", le magazine des tendances sur Arte pour ensuite rejoindre le groupe France Télévision. Aux côtés du pédo-psychiatre Marcel Rufo, elle anime sur France 5 "Allô Rufo", une émission où les téléspectateurs posent des questions sur leur quotidien avec leurs enfants. Depuis la rentrée, elle a rejoint l’équipe de "Midi en France" sur France 3, présentée par Vincent Ferniot. En parallèle de la télévision, la journaliste est également fondatrice et présidente de l’association Un pas vers la vie, créée en 2008 pour les enfants autistes. Elle est aussi à l’initiative d’un documentaire sur son petit garçon, Samy, Mon fils, un si long combat, diffusé pour la première fois en 2014, qui vient d’être rediffusé sur France 5.

Ça parle de quoi ?
D’une femme pleinement épanouie dans sa vie : un métier en or à la télévision, un enfant Marco adorable, un amoureux, et bientôt une bonne nouvelle : un petit frère pour Marco ! Ce récit intime et touchant raconte la naissance de Samy en août 2005. Tout va bien en apparence, sauf que très vite le comportement du petit n’est pas tout à fait habituel, un mal fou à tenir sa tête, un corps qui manque de tonus, peu de réaction. Églantine Éméyé nous raconte son parcours du combattant, errant tel un funambule sur le fil de son destin entre réussite professionnelle et grande difficulté familiale. Poser un diagnostic sur la maladie de son fils n’est pas une mince affaire. Après des mois de doutes et d’incertitudes, le couperet tombe : Samy a été victime d’un AVC tout petit (ce qui est très rare), il est donc autiste et épileptique, polyhandicapé. Et Églantine Éméyé de poser des mots sur les maux, ceux d’une mère confrontée au quotidien du handicap.

Pourquoi on aime ?
Ce livre avec un thème aussi fort avait tout pour ne pas être publié dans cette rubrique. Et pourtant, avec évidence, il a toute sa place ici. Ce récit est solaire, ce cri d’amour d’une mère combattive impulse chez le lecteur un regard neuf sur le handicap. Sans fard, Églantine Éméyé ne fait pas dans les bons sentiments. Sa sincérité est éblouissante de vérité. Et serre le cœur des lecteurs lorsqu’elle dénonce les situations ubuesques créées par nos administrations (comme par exemple le manque de toilettes à la maison des personnes handicapées, etc.). L’amour est une force incroyable, une flamme à raviver en permanence menacée par l’épuisement et l’amenuisement de l’espoir. Pour qu’il perdure, Églantine Éméyé comprend que parfois il vaut mieux "se séparer pour mieux s’aimer". C’est ce qu’elle nous explique dans ce récit qu’elle a écrit elle-même. Parce qu’elle est sait que l’écriture la répare elle et ses enfants, pour vivre enfin des jours meilleurs.

>> Le voleur de brosses à dents, de Églantine Éméyé, Robert Laffont, 284 p., 20 €
 

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