"L'homme qui a vu l'homme" : Marin Ledun enquête au Pays basque

"L'homme qui a vu l'homme" : Marin Ledun enquête au Pays basque

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LIVRES - Polar, thriller, roman noir... Chaque jeudi, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez, cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Alibi". Aujourd'hui : "L'homme qui a vu l'homme", de Marin Ledun.

On dit souvent - les spécialistes et les lecteurs - que le polar est le genre du réel, celui qui s’inscrit le plus dans la réalité, qui s’inspire de véritables faits pour, sous des airs de fiction, critiquer un système ou la société. Pour L’homme qui a vu l’homme (éd. Ombres noires), Marin Ledun affirme qu’il a écrit "un roman noir de chronique sociale". Il s’attaque avec brio à un sujet délicat, avec l’ETA en toile de fond.

C’est qui ?
Marin Ledun n’est pas un inconnu pour le lecteur assidu de polars. À 38 ans, il a déjà beaucoup publié, des romans noirs, mais aussi des livres pour la jeunesse, des nouvelles, des pièces radiophoniques. Né en Ardèche et installé dans les Landes, il a été chercheur en sciences humaines avant de se consacrer pleinement à l’écriture, pour notre plus grand plaisir. Son livre Les visages écrasés (paru en 2011) a connu un vif succès et remporté deux prix littéraires (celui du Festival du film policier de Beaune et celui de l’association 813).

Ça parle de quoi ?
Nous sommes en janvier 2009, sur une aire d’autoroute du Sud-Ouest de la France. Quatre individus cagoulés enlèvent un homme dont plus personne n’entendra parler. Cet homme, c’est Jokin Sasko, un supposé militant de l’ETA. Au même moment, le jeune journaliste Iban Urtiz, doit couvrir les ravages de la tempête Klaus sur le Pays basque. Mais il se passionne pour cette histoire d’enlèvement (les beaux yeux de la sœur de la victime y sont aussi pour quelque chose) et il va se lancer dans une enquête bien périlleuse. Au programme : menaces, agressions, paranoïa, barbouzes, trahisons, mensonges, manipulations. Pas facile, quand on n’est qu’à moitié Basque par son père et qu’on débarque dans la région, de comprendre ce qu’il s’y trame…

Pourquoi on aime ?
L’homme qui a vu l’homme est sans doute le roman le plus abouti de Marin Ledun. Il avait déjà fait preuve de tout son talent avec ses deux précédents livres (Les visages écrasés et Dans le ventre des mères), mais ici, on devine qu’il a franchit un cap. Inspiré d’un fait réel (la disparition de Jon Anza, un proche de l’ETA, en 2009), il ne tombe pas dans le piège du pathos ni de l’écrivain enquêteur. Il s’est certes documenté, mais il a aussi su garder une distance nécessaire et propose un véritable polar, mené à un rythme soutenu, porté par une écriture sobre et incisive. Ce livre est une excellente fiction qui pose de véritables questions et qui remet les victimes au centre de l’histoire. Alors, pour tout ça, Milesker (merci) Marin !

L’Homme qui a vu l’homme, de Marin Ledun
Éditions Ombres noires, 464 pages, 18 €
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