"L'Obsession" de James Renner : au bonheur des insomniaques

"L'Obsession" de James Renner : au bonheur des insomniaques

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LIVRES - Polar, thriller, roman noir... Chaque jeudi, retrouvez le coup de coeur de Marc Fernandez, cofondateur et rédacteur en chef de la revue "Alibi". Aujourd'hui : "L'Obsession", de James Renner.

Que l’on soit flic, détective ou journaliste, une affaire peut parfois vous perturber, vous obnubiler, vous hanter. Au point de ne plus penser qu’à ça. Au point de se couper du monde, de ne plus trouver le sommeil, de ne faire qu’une seule chose, 24 heures sur 24 : chercher, chercher encore, formuler des hypothèses, les vérifier, interroger des témoins, lire des documents. Des jours entiers, des semaines, des mois, parfois des années. C’est, en partie, l’histoire de ce roman, L’Obsession, de James Renner, publié chez un nouveau venu sur les tables des librairies, Super 8 éditions.

C’est qui ?
James Renner est né à Cleveland en 1978. Journaliste, auteur et réalisateur, il s’est fait connaître pour une enquête de deux ans, dont il a tiré un livre, sur le crime non résolu d’une fillette de dix ans en 1989 (Amy : My Search for her Killer, non traduit). Une histoire qui l’obsède depuis qu’il est tout jeune. Il a travaillé pour plusieurs journaux de sa ville natale, dont le Cleveland Scene et The Independent. Diplômé de la Kent State University, il a eu la chance d’adapter au cinéma une nouvelle de Stephen King (Tout ce que vous aimerez sera emporté, parue dans le recueil Tout est fatal, Albin Michel, 2003). La Warner a acquis les droits de L’Obsession et Bradley Cooper devrait tenir le rôle principal.

Ça parle de quoi ?
L’Obsession porte bien son nom, même si l’éditeur aurait pu garder le titre d’origine, à savoir L’Homme de Primrose Lane. Car il s’agit de lui au départ. Un personnage mystérieux, vivant reclus dans une petite ville de l’Ohio. Pas de famille, pas d’amis, pas d’argent. Du moins en apparence. Et une habitude bizarre : il portait des moufles tout le temps. Son assassinat marque le début de l’intrigue. Puis arrive David Ness, journaliste et écrivain, sorte de double de son auteur. Quatre ans après les faits, il décide de se plonger dans cette histoire non résolue. Lui qui vit seul avec son fils après le suicide de sa femme va se jeter corps et âme dans cette enquête. Au point d’en devenir presque fou…

Pourquoi on aime ?
Un premier roman magistral, osons le dire. Et un choix judicieux pour Super 8 éditions, nouvelle maison (dont les amateurs savent que c’est l’équipe de Sonatine qui en est à l’origine) qui se lance ce mois-ci. Renner manie la langue et les rebondissements avec talent. Les flash-backs, le réel, le virtuel, le fantastique, tout s’entremêle à la perfection. Les personnages sont fins et sombres à la fois et le suspense atteint son paroxysme. Impossible d’en dire plus tant l’intrigue prend des chemins complexes sans pour autant qu’on s’y perde. Attention, L’Obsession est un livre dont on ne sort pas indemne.

L’Obsession, de James Renner, trad. Caroline Nicolas, Super 8 éditions, 576 p., 22 €
Retrouvez le nouveau numéro de la revue Alibi dans toutes les bonnes librairies et sur Twitter : @Alibimag
 

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