Mehdi Meklat quitte la France : "Je suis la cible de la fachosphère qui menace ma vie"

Mehdi Meklat quitte la France : "Je suis la cible de la fachosphère qui menace ma vie"

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REACTION – Ses excuses sur les réseaux sociaux n’ont pas suffi. Dans une interview accordée à "Télérama", Mehdi Meklat revient sur la polémique née de ses tweets injurieux. Le magazine révèle qu’il a décidé de quitter la France provisoirement, devant les menaces qui pèsent sur lui.

Après avoir pris la parole sur Twitter, puis sur Facebook, Mehdi Meklat a choisi le site de Télérama pour répondre à ses détracteurs. Depuis le jeudi 16 février et son passage dans "La Grande Librairie", sur France 5, le co-auteur du roman Minute est rattrapé par les tweets nauséabonds publiés 2011 sous le pseudonymes de Marcelin Deschamps. Lucas Armati, l’auteur de l’interview, précise que le jeune homme a accepté de lui dire qu’il s’apprêtait à partir "quelques temps", loin de la France, sans préciser la destination.  

C’est facile : je suis un jeune, j’ai grandi en banlieue, j’ai 24 ans, je suis arabeMehdi Meklat à Télérama

"Je ne refuse pas la peine des gens qui se sont sentis tristes en lisant les tweets de Marcelin Deschamps", assure dans l'hebdomadaire le jeune homme. "En même temps, je suis la cible de la fachosphère, qui menace ma vie, qui m’attend à chaque coin de rue", poursuit-il. "Je suis aussi tiraillé par des courants politiques qui n’acceptent pas mes pensées et qui ont trouvé en cette affaire une aubaine pour me catégoriser comme raciste, antisémite, homophobe. C’est facile : je suis un jeune, j’ai grandi en banlieue, j’ai 24 ans, je suis Arabe. Mais je ne suis pas ce qu’ils croient."


Sur le fond, sa ligne de défense reste la même. "Dans Les Inrocks, dans Le Monde, dans Télérama, j’ai toujours répondu aux accusations liées à mon personnage de Marcelin Deschamps, qui dispensait tant de haine",  rappelle-t-il. "Depuis 2012, partout où on m’a posé la question, j’ai parlé de ce personnage de fiction. J’ai toujours répondu aux accusations, mais je voulais qu’on m’accorde le crédit de la fiction."


Mehdi Meklat assure que Marcelin Deschamps "était tout le contraire de ce que je suis, moi. Il ciblait à outrance, c’était un travail massif, infini, qui a duré sur des milliers de messages qui sont devenus des kilos de haine déversés. Ces cibles, elles étaient les plus faciles. Qui cible-t-on aujourd’hui, dans le débat public ? Les femmes, les minorités, les gens qui croient… Marcelin Deschamps en a profité pour en rajouter à l’extrême."

Je commence à percevoir ce qu’était la limite pour un personnage de fictionMehdi Meklat à Télérama

Ambigu, le jeune homme évoque "une part d’ombre, un personnage honteux, horrible […]. Au départ, je voulais tester la limite, tester le moment où on m’arrêterait, où l’on me dirait que ce n’est pas possible de dire de telles choses, que c’est grave et condamnable. J’attendais qu’on juge Marcelin Deschamps. Ça n’a pas été le cas. Finalement, je commence à avoir un début de réponse seulement aujourd’hui, je commence à percevoir ce qu’était la limite pour un personnage de fiction."


Depuis la diffusion de "La Grande Libraire", les éditions du Seuil, qui publient Minute, mais aussi Le Bondy Blog, qui a hébergé les chroniques du jeune homme et de son camarade Badroudine Saïd Abdallah, ont pris leurs distances avec les tweets en question. L’animateur de l’émission de France 5, François Busnel, a lui déclaré qu’il n’aurait jamais reçu leur auteur s’il en avait pris connaissance auparavant. 


De son côté Pierre Siankowski, directeur de la rédaction des Inrocks, qui a fait poser le duo à sa une avec Christiane Taubira, est la cible de vives critiques. S’il a affirmé dans un édito ignorer l’existence de ces tweets, les internautes ont relevé qu’il suivait le profil de Marcelin Deschamps depuis 2014. Sur Facebook, l'ex-Garde des Sceaux a condamné les tweets de Mehdi Meklat, tout en appelant à une certaine indulgence : "Il faut purger, curer, cureter. Cela se fait plus aisément lorsqu'on n'est qu'au début d'une vie où il y a tant à faire."

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Mehdi Meklat dans La Grande Librairie

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