Patrick Sébastien : c'est l'histoire d'un mec qui fait tourner les serviettes

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PORTRAIT – Alors qu'il s'apprête à fêter ses 40 ans de carrière sur la scène de l'Olympia, et en direct sur France 2 ce vendredi, Patrick Sébastien se livre avec humour, tendresse et franchise dans "Même que ça s'peut pas" (XO Editions). Metronews est allé à la rencontre de ce personnage incontournable du divertissement à la française.

Il était une fois un gamin qui rêvait de devenir prof de philo... et s'est retrouvé propulsé prince des cabarets. Le 14 novembre 1974, Patrick Boutot, dit Sébastien, montait sur la scène de La main au panier, une enseigne mythique du Quartier latin, le jour de ses 21 ans. Quarante plus tard, jour pour jour, il fêtera son incroyable carrière à l'Olympia, et en direct sur France 2, "avec mon grand orchestre de 20 musiciens et toute la salle déguisée !", nous raconte-t-il, des étoiles plein les yeux, derrière son grand bureau du VIIIe arrondissement.

Ce chemin parcouru, avec ses hauts magiques, et ses bas tragiques, ce saltimbanque aux multiples facettes le raconte avec une franchise surprenante dans Même que ça s' peut pas (XO Editions), un récit dont la langue truculente doit beaucoup au grand Frédéric Dard. Ce n'est donc pas un hasard si un portrait de l'auteur de San-Antonio trône au-dessus de son grand bureau...

"A force de boire, on devient imbuvable"

"Ado ce mec a été un révélateur, raconte Patrick Sébastien. Je me rappelle qu'on nous empêchait de le lire. C'est trop grivois, trop Gaulois. Toute proportion gardée, on a dit de lui ce qu'on dit de moi : vulgaire, grossier. Inconséquent. L'éternelle bagarre entre le populaire et le qualitatif chiant. Sauf que c'était d'abord un humaniste. Il disait cette phrase magnifique, que je reprends dans mon bouquin : 'Je suis un vieux fœtus blasé, la vie m'aura servi de leçon, je ne recommencerai jamais'."

Sa vie à lui, l'enfant de Brive-la-Gaillarde la raconte en long, en large et en travers, avec un sens de la punchline qui fait mouche. "A force de boire, on devient imbuvable", sourit l'intéressé, lucide sur son long flirt avec l'alcoolisme. Aujourd'hui il garde une bouteille dans un tiroir, à proximité. Symbole d'un démon qu'il a dompté. Entre autres.

"Raconter mes souffrances, sans cherche à apitoyer"

Dans ses pages, Patrick Sébastien s'adresse directement au lecteur, avec un mélange de tendresse et de réalisme cru. "L'écriture, c'est ma psychanalyse. Depuis Tu m'appelles en arrivant ?, le bouquin sur ma mère, j’ai créé un lien avec les gens. Certains viennent me dire 'merci, vous m'avez sauvé la vie'. Le but, c'est de raconter mes souffrances, sans cherche à apitoyer. Et de montrer qu'on peut en faire quelque chose de positif. Qu'on peut transformer le vinaigre en miel".

Les amours, les amis, les ennemis, l'argent qu'on gagne et qu'on claque, les rencontres magnifiques et les rendez-vous manqués... Si les anecdotes fourmillent, parfois surprenantes, ce destin à la française est d'abord marqué par une soif irrésistible de reconnaissance. Presque impossible à étancher, celle-là.

"L'image du beauf, je m'en amuse"

"Gamin, j'étais le petit bâtard qu'on mettait à l'écart", se souvient-il. "Si bien que je me battrais toujours contre toutes les formes d'a priori. L'image du beauf, je m'en amuse. Je la charge volontairement. Ça me permet d'étalonner les gens intéressants", sourit ce fan de jazz, amateur mais aussi auteur de thriller bien noir à l'image de Max et la rumeur, récent carton d'audience sur France 2 .

"Ma grande fierté, c'est d'avoir réussi sans jamais me compromettre. Être aujourd'hui dans l'intimité d'un président de la République de là où je suis parti... Tout en étant resté un mec très ordinaire. Je ne suis ni un aventurier, ni un chercheur. Dix ans après ma mort, il restera quoi ? Le mec qui fait tourner les serviettes. Point". Un biopic ? "Surtout pas. On me ferait dire trop de conneries !".

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