Philippe Videlier : l'épopée du grand timonier

Philippe Videlier : l'épopée du grand timonier

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Chaque jour, nous vous présentons un roman parmi les 646 nouveautés. Avec une forte majorité de nouvelles têtes.

Lire les 646 romans de la rentrée littéraire, pourquoi pas ? Mais il y a tant de films à voir, d’expos à visiter et de séries télé à suivre que Metro vous allège la tâche. Vous trouverez chaque jour notre sélection, de l’incontournable au confidentiel, pour choisir le bon bouquin.
Aujourd’hui : Dîner de Gala de Philippe Videlier (Gallimard), 610 p., 23,90 euros.

C'est qui Philippe Videlier ?
Un historien français, chercheur au CNRS, spécialisé sur les mouvements sociaux et les cultures populaires du XXe siècle. Philippe Videlier a déjà publié plusieurs récits historiques, dont Nuit Turque (Gallimard), un bel éclairage sur le génocide arménien. Dîner de Gala est son troisième roman.

D'accord, et de quoi ça parle ?
Dîner de Gala raconte l'aventure de Mao Zedong et de l'avènement du communisme en Chine. On découvre les tribulations du grand timonier et de ses camarades dès les prémices du mouvement au début des années 1920. Suivront les douloureux épisodes de la Longue Marche pour échapper à Chiang Kai-shek et de l'invasion japonaise. Au fil de ces années de galère, un jeune inconnu venu de la campagne, Mao Zedong, va peu à peu s'imposer à la tête des révolutionnaires. Ce sera ensuite la prise de pouvoir en 1949 et les luttes internes qui laisseront sur le carreau de nombreux compagnons de la première heure.

Et alors, c'est bien ?
Si le sujet peut paraître austère, l'art de la narration de Philippe Videlier rend Dîner de Gala très vivant. L'auteur s'attarde ainsi autant sur la vie intime des principaux protagonistes que sur les grands événements historiques du siècle dernier. Pour construire son récit, Philippe Videlier a notamment pu s'appuyer sur les témoignages de reporters ou d'intellectuels ayant voyagé en Chine à cette période. L'auteur exploite d'ailleurs jusqu'au bout ces sources en les mettant en scène. On croise donc notamment les figures d'Edgar Snow, d'Albert Londres, juste avant sa mort dans le naufrage du bateau qui le ramène en France, ou d'André Malraux. L'impressionnante érudition de Philippe Videlier donne un roman historique très dense, sans prise de position et dont le seul bémol réside peut-être dans sa longueur. Avec plus de six cents pages, mieux vaut avoir du temps devant soi.

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