Quais du Polar : Testez votre orthographe avec la dictée d'Amélie Nothomb

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QUAIS DU POLAR – Vendredi 1er avril, François Morel a donné la dictée aux scolaires lyonnais. Puis les adultes ont eu droit à la leur avec la plus drôle des maîtresses d'école, Amélie Nothomb. L'auteur belge, qui qualifie son orthographe d'"ancien régime", a choisi de dicter un extrait de son dernier roman, "Le Crime du comte Neuville", avant de répondre aux questions de ses très attentifs élèves.

La "Dictée noire" attire toujours les foules à Quais du Polar. Et quand c'est Amélie Nothomb qui joue l'instit', l'élégant salon doré de l'Hôtel de Ville de Lyon bruisse d'élèves appliqués, ayant quitté l'école il y a quelques décennies mais très concentrés sur leur feuille de papier. "C'est vrai, je ne suis pas auteur de polars", concède l'invitée de la Dictée Noire 2016, "mais j'ai écrit un roman qui ressemble un tout petit peu à un polar puisqu'il y a le mot 'crime' dans le titre !" Elle a donc choisi un extrait du Crime du comte Neuville, son dernier roman, s'excusant par avance de son caractère "épouvantablement facile". Que voici :

"'L'invité était celui que l'on espérait et attendait chez soi depuis toujours, dont la venue était préparée avec une attention extrême : il fallait préméditer les occasions de lui plaire et éviter ce qui pourrait lui être source du plus léger désagrément. Pour cette raison, il fallait le connaître, se renseigner à son sujet, sans pousser trop loin l'examen, de peur de témoigner d'une curiosité déplacée. S'il n'avait été question que de choix alimentaires ou de goûts particuliers, cette orchestration eût déjà été difficile. Mais l'essentiel demeurait la compagnie : il fallait que les autres invités soient à l'unisson de l'invité. L'étude des compatibilités relevait de l'entomologie : parfois, on pouvait croire que tel invité se réjouirait de la présence de tel autre et découvrir lors de la réception qu'ils se haïssaient, soit que ce sentiment se soit brusquement révélé, soit que l'on ait manqué un épisode dans leurs relations, ce qui constituait en soi une faute." (Le Crime du comte Neuville, Albin Michel, p. 33)

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A la fin, le maître de cérémonie avoue qu'aucun corrigé ne sera distribué. Amélie Nothomb a alors gentiment proposé à ceux qui le souhaitent de lui poster leur copie chez son éditeur, Albin Michel, en promettant de la renvoyer corrigée. D'ailleurs, elle-même était-elle fortiche en orthographe ? "J'étais correcte sans plus, avoue-t-elle, mais contrairement à ma sœur qui n'a jamais fait une faute de sa vie, j'étais complètement nulle."

Elle rassure avec force la spectatrice qui s'inquiète de sa piètre orthographe alors qu'elle aimerait écrire : "il n'y a aucune intersection entre le talent littéraire et l'orthographe !" Enfin, interrogée sur les mots qu'elle évite, parce qu'elle hésite sur leur orthographe ou tout simplement parce qu'ils sont moches, Amélie Nothomb avoue : "sans raison grave, j'évite d'écrire le mot 'hormone'. Les hormones mènent au crime, bien que ce soit naturel quand on est à Quais du Polar ."

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