Régis Debray démissionne de l'Académie Goncourt : qui pour le remplacer ?

Régis Debray démissionne de l'Académie Goncourt : qui pour le remplacer ?

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RETRAITE - L'écrivain Régis Debray, âgé de 75 ans, a démissionné lundi 23 novembre de l'Académie Goncourt en invoquant son âge et ses "obligations de travail". Metronews suggère quelques remplaçants pour compléter l'institution.

Depuis 2011, Régis Debray siégeait avec les académiciens Goncourt. Pendant 4 ans, il s'est assis à côté de Bernard Pivot, Philippe Claudel, Pierre Assouline et les autres pour participer à la remise des cinq prix Goncourt annuels (roman, premier roman, nouvelle, biographie, lycéens). Imaginez donc les paquets entiers de livres qu'il faut lire, parfois très vite, pour remplir son contrat d'académicien. A 75 ans, Régis Debray a choisi de dire stop pour "se replier sur sa propre librairie".

Pas la peine d'envoyer son CV

Dans une lettre de démission datée du 12 novembre et adressée à Bernard Pivot, président de l'Académie Goncourt, Régis Debray explique honnêtement les raisons de sa décision : "Je n’ai plus la disponibilité, ni peut-être, je l’avoue, la générosité que requière, avec nos cinq prix annuels dans divers genres, l’appréciation pondérée des nouveautés qui défilent."

Régis Debray, qui avait lui-même remplacé Michel Tournier, laissera donc son fauteuil à un autre amoureux des livres pour décerner le prix des prix littéraires francophones. Les candidatures spontanées sont inutiles, c'est l'Académie elle-même qui élira son (ou sa) futur(e) camarade. Au cas ils se gratteraient trop longtemps la tête, voici cinq suggestions pour booster leurs futures réunions.

Le plus titré : Jean-Christophe Rufin
C'est le candidat idéal. Prix Goncourt 2001 pour Rouge Brésil, Goncourt du premier roman 1997 pour L'Abyssin, benjamin de l'Académie française, médecin, héros humanitaire, ancien ambassadeur au Sénégal, alpiniste, pèlerin de Compostelle... L'auteur de Check-Point pourrait s'enorgueillir d'une œuvre à la fois grand public et de haute tenue littéraire, si sa modestie ne l'en empêchait. Rufin est par ailleurs un homme exquis, dont l'ouverture d'esprit le met à l'abri des jalousies, mesquineries et autres clashes si prisés des médias aujourd'hui.

Le plus grand public : Guillaume Musso
Les auteurs de best-sellers paraissent tellement à l'abri des prix littéraires qu'on aimerait en voir siéger un chez le plus prestigieux d'entre eux, pour voir. Guillaume Musso, ancien économiste et gros lecteur, favoriserait les romans qui racontent une histoire, et pas 500 pages de Seconde Guerre mondiale ultra-stylisée. Il aurait le flair nécessaire pour dégoter le Goncourt qu'on offre à Noël, pas celui qu'on revend sur Priceminister. Les libraires lui diraient à nouveau merci.

La plus drôle : Amélie Nothomb
Régis Debray évoque des années de "joyeux débats" dans sa lettre. Pour qu'ils le restent, ils pourraient s'adjoindre l'esprit cocasse d'Amélie Nothomb. Déjà membre de l'Académie royale de langue et de littérature française de Belgique, celle qui publie un best-seller par an n'en oublie pas de lire ses contemporains, et elle préfère de loin faire partager ses coups de cœur que ses détestations. Enfin, ce ne serait pas la dernière à trinquer au champagne chez Drouant, l'élégant restaurant où l'on remet le prix Goncourt chaque début novembre.

Le plus trash : Michel Houellebecq
Le prix Goncourt 2010 pour La Carte et le Territoire a déjà été loué par Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie française, qui aimerait bien le voir rejoindre sa bande. Faute de voir Houellebecq dans un très improbable habit vert, il pourrait sérieusement secouer les délibérations Goncourt, en soutenant le roman dont personne ne veut, en crachant sur le favori et en lançant des déclarations choc à la presse avant de se renfermer dans sa parka marron. Ce ne serait pas du plus grand chic, mais on s'amuserait bien.

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