Rentrée littéraire 2015 - ''Eva'' de Simon Liberati : beau, intéressant mais un peu gonflant

Rentrée littéraire 2015 - ''Eva'' de Simon Liberati : beau, intéressant mais un peu gonflant

ON A LU POUR VOUS – ''Eva'', de Simon Liberati, fait partie des œuvres incontournables de cette rentrée littéraire. Dans ce roman, le journaliste revient sur l'histoire de sa femme, Eva Ionesco, photographiée par sa mère Irina dans des poses érotiques alors qu'elle n'était qu'une petite fille.

Un beau roman d'amour
''Je sentais renaître avec une douceur mêlée d'effroi un vertige que j'ai connu très jeune : l'aliénation à un autre''. Dans son nouveau roman, Simon Liberati raconte son histoire d'amour avec Eva Ionesco. Leur première rencontre, furtive, remonte à la fin des années 1970 alors qu'Eva a 13 ans et une ''terrible'' réputation. Trente ans plus tard, toujours perdus dans l'alcool et la drogue, ils se retrouvent. L'amour s'installe. ''J'ai su très vite qu'Eva allait me rendre heureux, c'est-à-dire m'affoler, bouleverser ma vie si complètement qu'il faudrait tout refaire autrement'', écrit Simon Liberati dans un très bel hommage à sa femme dont il décortique la vie sans voyeurisme ni lyrisme.

Retour sur l'enfance fascinante d'Eva Ionesco
Avec force détails, Simon Liberati évoque dans Eva l'enfance très particulière de sa femme. Photographiée dans des poses érotiques par sa mère, Irina Ionesco, alors qu'elle n'était qu'une petite fille, Eva Ionesco était dans les années 1970 un objet d'art vivant. Au-delà des séances de pose, l'écrivain s'attarde surtout sur les relations perverses établies par la mère et décrit cette époque qui admettait la sexualité des enfants. Aujourd'hui, Eva n'attend plus qu'une chose, que sa génitrice aille ''se faire enculer par Satan''.

A LIRE AUSSI >> Notre critique de My Little Princess, le film d'Eva Ionesco

Une lecture un peu fastidieuse
Présentée par de nombreux critiques comme le plus beau livre de cette rentrée littéraire, Eva peut aussi laisser de marbre. Malgré les talents d'écriture de Simon Liberati, ses divagations intérieures et ses descriptions de cette génération no future finissent par lasser tandis que ses constants sauts dans le temps nous donne l'impression de tourner en rond. On se sent nous aussi perdue dans la vie de ces paumés et finalement peu sensible au récit de toutes ces petites pépées mortes d'overdose dont Eva est une des rescapées. Question de génération peut-être.

Justice est faite
A la suite d'une plainte d'Eva Ionesco – qui a déjà raconté son histoire dans le film My Little Princess – contre sa mère, la cour d'appel de Paris a prononcé en mai dernier l'interdiction de la commercialisation des photos prises durant son enfance. De son côté, Irina Ionesco, âgée de 85 ans, a porté plainte cet été contre Simon Liberati pour atteinte à la vie privée. Elle a finalement été déboutée. "L’ampleur de son préjudice peut également être apprécié au regard de son attachement à la vie privée d'autrui, en l'occurrence sa fille âgée de 4 à 13 ans, dont les photos dénudées ont été commercialisées de nombreuses années", a estimé la justice.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

L'exécutif change de ton : ce que va annoncer Jean Castex à 18h

EN DIRECT - Covid-19 : la mairie de Paris va proposer un confinement pour trois semaines

CARTE - Covid-19 : où en est l'épidémie dans votre département ?

CARTE - Covid-19 : la liste des 20 départements sous "surveillance renforcée", mesures possibles le 6 mars

Covid-19 : quels sont les départements où la situation est "très préoccupante" ?

Lire et commenter