Rentrée littéraire 2015 : les cinq perles à découvrir avant les autres

LIVRES
NOUVEAUX ROMANS – Parmi les 589 nouveaux romans de la rentrée littéraire de septembre, qui affluent depuis le 20 août en librairie, une petite vingtaine est sortie du lot. Metronews vous en suggère cinq autres qui ne deviendront peut-être pas des superstars des médias, mais qui devraient trouver leurs lecteurs.

C'est reparti. Comme chaque année, les journaux, les émission de radio et les vitrines ont bien mis en évidence les "poids lourds" de la rentrée littéraire : Christine Angot, Delphine de Vigan, Amélie Nothomb... Et comme chaque année, c'est au détriment des 500 et quelque autres. La mise en avant d'un nouveau roman étant de plus en plus éphémère, nous en avons choisi cinq plus singuliers qui méritent tout autant d'être distingués. Parce que ce qui compte, c'est l'histoire et le talent caché dedans, pas la couverture.

Je m'appelle Blue, de Solomonica de Winter (Liana Levi)
Blue est une jeune fille solitaire et rebelle qui refuse de parler depuis la mort de son père. Elle raconte comment elle a tué un homme et une femme à l'âge de 13 ans, sur fond de lutte permanente entre le deuil de ce père dans un braquage et une mère toxicomane qu'elle déteste. Son seul réconfort, elle le trouve dans les pages du Magicien d'Oz. Alors, quand elle rencontre Charlie, lui-même fasciné par cette œuvre, un lien fort se crée. Pour lui, elle sort de son mutisme, mais voilà, Charlie a déjà une petite amie... Et Blue a du mal à gérer sa colère. Le premier roman d'une jeune néerlandaise de 18 ans, écrit en anglais avec une bonne dose de culot.

Tout ce qui est solide se dissout dans l'air, de Darragh McKeon (Belfond)
Dans un minuscule appartement de Moscou, un petit prodige de neuf ans joue silencieusement du piano pour ne pas déranger les voisins. Dans une usine de banlieue, sa tante travaille à l'usine et tente de faire oublier son passé de dissidente. Dans un hôpital non loin de là, un chirurgien s'étourdit dans le travail pour ne pas penser à son mariage brisé. Dans la campagne biélorusse, un jeune garçon observe les premières lueurs de l'aube. Nous sommes le 26 avril 1986 et dans la centrale de Tchernobyl, quelque chose vient de se passer... Darragh McKeon, Irlandais de 36 ans, a mis dix ans à écrire ce roman sur Tchernobyl, salué notamment par Colm Toibin et Colum McCann.

Nous dînerons en français, d'Albena Dimitrova (Galaade)
Pour son premier roman, la Bulgare Albena Dimitrova a choisi d'écrire en français. Tout commence à l’hôpital du gouvernement bulgare où Alba a été admise pour une paralysie galopante. Elle a 17 ans et rencontre Guéo, 55 ans, membre du Politburo. Dans ce sanatorium, puis de Sofia à Varna sur les rives de la mer Noire, ils vont s’aimer. Passionnément, absolument. Surveillés par les services secrets, dans ces jours anciens que sont les dernières années du communisme juste avant que ne tombe le mur de Berlin. Jusqu’au moment où l’étau se resserre ; Alba doit fuir. Ils se donnent rendez-vous à Paris pour un premier dîner... en français.

Courir après les ombres, de Sigolène Vinson (Plon)
Paul Deville négocie les ressources africaines pour le compte d'une multinationale chinoise. De port en port, les ravages de la mondialisation lui sautent au visage, comme la beauté du monde dont il ne peut empêcher la destruction. Paul se met alors à chasser un autre trésor : les "écrits jamais écrits" d'Arthur Rimbaud ; il veut croire que le marchand d'armes n'a pas tué le poète. Ancienne avocate et journaliste à Charlie Hebdo, Sigolène Vinson fait vivre une galerie de personnages forts, qui cherchent dans le vaste monde leurs propres illuminations.

Petits plats de résistance, de Pascale Pujol (Le Dilettante)
Au cœur de Montmartre, une foule de personnages poursuivent des objectifs très personnels à coups de petites magouilles, de manipulations, d’esbroufe et d’une bonne dose de mauvaise foi. "Dis-moi ce que tu mitonnes je te dirai ce que tu mijotes, confie-moi ce que tu goûtes, je te dirai quoi tu guignes." C’est avec ce type de maximes que Pascale Pujol nous convie à la dégustation de ses Petits plats de résistance, un premier roman à la carte en forme de comédie urbaine tressautante, de pochade érotique et de sociodrame où chaque chapitre est mis sous l’invocation d’un plat ou d’une denrée. De quoi mettre en appétit, que l'on apprécie le sucré-salé, l'acide et l'amer.

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