Salman Rushdie défend la liberté d'expression de Charlie Hebdo aux Etats-Unis

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HOMMAGE - Invité mercredi 14 janvier à l'Université du Vermont, l'auteur des "Versets sataniques" a prononcé un discours vibrant en faveur de la liberté "absolue" d'expression. Salman Rushdie est lui-même sous la menace d'une fatwa depuis 1989.

C'est un Salman Rushdie en colère qui a pris la défense des dessinateurs assassinés le 7 janvier dernier. Après un discours prononcé à Burlington, dans l'état du Vermont, aux Etats-Unis, il a répondu aux questions du public. A un spectateur qui l'a interrogé sur les récents événements survenus en France, il a répondu : "Ce qui me déplaît vraiment, c'est la façon avec laquelle nos camarades sont morts. Eux qui sont morts en utilisant le même outil que moi, qui est un stylo ou un crayon, ont été presque immédiatement vilipendés, traités de racistes et je ne sais quoi d'autre."

Qu'on aime ou pas Charlie Hebdo, on a le droit de s'exprimer

"La tradition française de la satire a toujours été très pointue et très dure, et elle l'est toujours", a convenu l'écrivain, ce qui ne remet pas en cause la liberté d'expression qui à son sens doit être "absolue". En ajoutant : "John Fitzgerald Kennedy et Nelson Mandela ont utilisé la même phrase à trois mots qui à mon sens résume tout, qui est 'La liberté est indivisible'. Vous ne pouvez pas la couper, sinon la liberté cesse d'être. Vous pouvez ne pas aimer Charlie Hebdo, mais le fait de ne pas les aimer n'a rien à voir avec leur droit à la parole."

Publié en 1988, le livre Les versets sataniques de Salman Rushdie a été jugé blasphématoire par plusieurs instances musulmanes. En Iran, l'ayatollah Khomeini a lancé une fatwa contre lui en février 1989. Depuis, Rushdie, né en Inde et élevé en Grande-Bretagne, vit à Londres, placé sous protection policière par le gouvernement britannique. La sécurité pour sa venue aux Etats-Unis a été particulièrement renforcée.

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