Salon du Livre 2014 : quand les "petits" éditeurs tentent de survivre

Salon du Livre 2014 : quand les "petits" éditeurs tentent de survivre

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SURVIE - Au Salon du Livre de Paris, les petits éditeurs tentent de faire face aux mastodontes. Raison pour laquelle ils se sont réunis, grâce au soutien de la région Ile-de-France, dans le stand "Editeurs Indépendants".

L'échappée belle, La ville brûle, Le ver à soi, L'éclat, Rue des promenades, Quidam... Si ces maisons d'édition ne disent rien au grand public, elles cachent pourtant des passionnés prêts à tout pour (sur)vivre au cœur d'une impitoyable jungle des livres. Alors que Gallimard, Seuil ou Albin Michel occupent d'imposants espaces, ils sont très nombreux à se partager quelques mètres carrés pour défendre avec ferveur leurs poulains. "Pour un petit éditeur indépendant, participer au Salon du Livre est une manière de se faire connaître", explique Eric Minvielle pour les éditions Thierry Marchaisse. Ce dernier tient un petit "module" – en réalité une simple table – au centre du stand des Editeurs Indépendants, soutenu par la région Ile-de-France et la librairie Tschann.

Alors qu'une maison d'édition doit débourser en moyenne 3000 euros pour un espace d'environ 9m2 (autour de 40.000 euros pour les plus gros), ces petits éditeurs bénéficient d'une aide de l'état qui leur permet d'exposer leurs ouvrages gratuitement. "Les rencontres sont le cœur de cible de l'activité et le moteur de nos envies, explique Benoît Virot, éditeur chez Nouvel Attila. Aujourd'hui, il y a une génération d'éditeurs qui commence à faire bouger les choses en travaillant autrement, en allant à la conquête des lecteurs en essayant de les convaincre de façon personnalisée". Ce constat, plutôt optimiste, est d'autant plus étonnant que le secteur du livre est en perpétuelle difficulté depuis l'avènement du Net et, plus récemment, des liseuses.

David contre Goliath

Cette dématérialisation du bien culturel n'est pas forcément un danger pour Bruno Doucey, éditeur de poètes depuis seulement quatre ans. "Avec l'arrivée du numérique, on est en pleine mutation, c'est un fait, explique-t-il. Je pense néanmoins qu'internet permet aussi de redonner de la valeur à l'objet livre. Je m'explique... Les jeunes sont élevés devant des images et le fait de soigner les couvertures des bouquins peut les séduire, les attirer". Qu'ils publient des essais, des livres sur la psychanalyse ou des romans historiques, ces acteurs modestes de l'édition sont animés par deux moteurs : beaucoup de passion et un peu de folie. Pour exister, ils doivent contourner les grosses machines historiques, acquises à la cause de nombreux libraires, et s'installer sur des niches.

"L'avenir est une torture et un défi exaltant. C'est un sacerdoce qui implique un travail de galérien, explique Benoît Virot. Il faut y aller, faire de l'harcelèment doux auprès des libraires car les journalistes sont durs à atteindre. Rien n'est jamais construit et garanti". Malgré tout, avec l'énergie de l'espoir, ces derniers se battent, conscients qu'il est impossible de s'enrichir mais heureux d'être des passeurs. Et si ces édifices tenant de guingois étaient finalement l'unique eldorado des auteurs en herbe ? "On ne vend pas forcément plus de livres si notre premier roman est édité par Gallimard, rapporte Eric Minvielle. Il y a un véritable attrait pour ce type de parution, quelle qu'en soit la maison d'édition. Les gens sont toujours contents de découvrir et de révéler un nouvel auteur". A bon entendeur.

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